À Dar-es-Salam, le départ des familles après l’éboulement meurtrier a laissé derrière lui des habitations évacuées et des vies bouleversées. Contraints de quitter leurs logements, plusieurs sinistrés ont été relogés provisoirement à Dixinn Terrasse, où ils tentent désormais de s’adapter à de nouvelles conditions de vie.

Parmi eux, Issiaga Camara, ancien locataire à Dar-es-Salam, y vivait depuis 1986. Pendant près de quatre décennies, il y avait fondé sa famille et construit une partie importante de sa vie. Son départ du quartier est intervenu dans le cadre des opérations d’évacuation menées après le drame.
Revenant sur ses années passées à Dar-es-Salam, Issiaga Camara explique l’attachement qu’il avait à son ancien logement :
« J’étais locataire depuis 1986. C’est ici que j’ai fondé ma famille et bâti beaucoup de choses. »
Selon lui, le départ ne résultait pas d’une décision personnelle. Il affirme que même le propriétaire du logement n’aurait pas été informé à l’avance de l’opération.
L’ancien locataire raconte les circonstances dans lesquelles sa famille a dû quitter les lieux :
« Le propriétaire n’était même pas au courant de ce déguerpissement. Je ne voulais pas quitter, mais malheureusement, ce déguerpissement nous est tombé dessus et nous n’avons pas eu le choix. Il a fallu qu’on quitte. »
Après leur évacuation, les familles ont été orientées vers Dixinn Terrasse. Elles sont notamment installées dans une école primaire située en face de l’entrée du stade du 28-Septembre, transformée provisoirement en site d’accueil.
Sur place, les sinistrés doivent désormais composer avec un environnement différent de celui qu’ils connaissaient. Le déplacement a interrompu leurs habitudes et les a éloignés de leurs anciens logements, parfois occupés depuis plusieurs années.
Malgré cette situation, Issiaga Camara reconnaît que l’État a commencé à apporter une assistance aux familles déplacées. Il souhaite toutefois que cet accompagnement se poursuive afin de permettre aux sinistrés de faire face à leur situation sur le long terme.
Il salue ainsi les premières aides reçues tout en exprimant son attente pour la suite : « Oui, l’État nous vient un peu en aide et nous espérons qu’il fera tout ce qui est en son pouvoir pour ne pas nous laisser comme ça. »
Les familles déplacées indiquent également avoir reçu des aides et disposer d’un lieu où séjourner provisoirement. Cette prise en charge leur permet de répondre à certaines urgences, mais elle ne règle pas encore la question de leur avenir.
Pour ces anciens habitants de Dar-es-Salam, l’enjeu dépasse donc le simple hébergement temporaire. Après plusieurs décennies passées dans le même quartier, ils souhaitent désormais connaître les perspectives qui leur sont réservées et bénéficier, à terme, d’une solution durable et sécurisée.
Entre le souvenir d’une vie construite à Dar-es-Salam et l’incertitude liée à leur nouvelle situation, les familles déplacées restent ainsi dans l’attente d’un accompagnement qui leur permettrait de reconstruire leur quotidien dans de meilleures conditions.
Nansira Ballo, stagiaire pour Laguinee.info





