Trente morts, six blessés graves et seize blessés légers. Le bilan provisoire communiqué dimanche par le gouvernement donne la mesure de la catastrophe survenue dans la nuit du 22 au 23 août à Dar-Es-Salam. Mais derrière les chiffres, le drame pose une question plus ancienne : combien de temps encore les populations peuvent-elles vivre au pied d’une montagne d’ordures devenue meurtrière ?
L’éboulement s’est produit vers 2 heures du matin, après de fortes pluies. Une partie de la décharge s’est détachée et a atteint plusieurs habitations de la commune de Gbessia.
Des familles ont été prises au piège pendant leur sommeil. Au matin, les déchets avaient laissé place aux décombres, aux blessés et aux corps à rechercher.
Une catastrophe qui dépasse la seule nuit du drame
Le gouvernement attribue l’éboulement aux fortes pluies enregistrées dans la nuit. Mais la catastrophe ne se résume pas aux conditions météorologiques.
La décharge de Dar-Es-Salam concentre depuis des années d’importantes quantités de déchets à proximité des habitations. Cette proximité transforme chaque épisode de fortes pluies en source potentielle de danger.
Le drame remet ainsi sur la table la question de la sécurisation du site et de l’éloignement des populations des zones exposées.
Les secours face à l’urgence
Dès les premières heures, les autorités ont mobilisé des équipes pour rechercher les personnes susceptibles d’être encore ensevelies.
Forces de défense et de sécurité, Croix-Rouge, équipes médicales, autorités locales et populations riveraines participent aux opérations.
Le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est également rendu sur place pour constater la situation et superviser la mobilisation des services publics.
Les blessés sont pris en charge, notamment au CHU de Donka, tandis que les équipes poursuivent le dégagement des corps.
Après le bilan, la question des responsabilités
Le gouvernement appelle au calme et à la solidarité. Mais une fois l’urgence passée, une autre étape devra commencer : celle des réponses structurelles.
Le drame de Dar-Es-Salam intervient alors que des alertes et des inquiétudes existent depuis plusieurs années autour de cette décharge.
Les réactions politiques et citoyennes suscitées par la catastrophe appellent déjà à une accélération de l’évacuation des ordures et à une véritable politique de gestion des déchets.
La question n’est donc plus seulement de savoir comment intervenir après un éboulement. Elle est aussi de savoir comment empêcher qu’une nouvelle montagne d’ordures ne devienne à nouveau une menace pour les populations.
Dar-Es-Salam, entre urgence et responsabilité publique
Avec 30 morts officiellement recensés à 16 heures dimanche, la Guinée fait face à l’un des drames les plus lourds enregistrés sur ce site.
Le bilan pourrait encore évoluer avec la poursuite des recherches.
Mais au-delà des chiffres définitifs, le drame impose déjà une réflexion sur l’aménagement urbain, la gestion des déchets et la protection des habitants installés autour des sites à risques.
À Dar-Es-Salam, les secours travaillent encore dans les décombres. Pour les familles, l’urgence est de retrouver les leurs. Pour les autorités, l’enjeu est désormais aussi d’apporter des réponses afin que la prochaine pluie ne transforme plus une décharge en piège mortel.
Laguinee.info





