À Tayaki, une zone située à Kobaya Village, en bordure de l’océan Atlantique, donner naissance ne se fait pas dans les conditions habituelles. Cette petite communauté ne dispose pas de structure sanitaire pour accueillir les femmes enceintes. Lorsqu’une femme entre en travail, les habitants doivent organiser eux-mêmes son évacuation vers Kaporo.
Le transfert nécessite souvent de mobiliser plusieurs personnes, de trouver du carburant et une embarcation disponible. La traversée en bateau devient alors le seul moyen d’atteindre une structure sanitaire, avec le risque que l’état de la patiente se dégrade avant son arrivée.

Alsény Cissé, chef de la localité, décrit les difficultés auxquelles la communauté est confrontée à chaque accouchement :
« Chaque accouchement, on est plongé dans un problème. Nous n’avons pas de dispensaire ni de sage-femme. Quand une femme doit accoucher, que ce soit la nuit ou la journée, nous devons chercher un bateau pour l’amener à Kaporo. C’est difficile et parfois très dangereux. »
Pour les habitants, l’absence d’une infrastructure sanitaire de proximité complique également la prise en charge des urgences. Une femme dont l’accouchement présente des complications doit être transportée rapidement, alors que la disponibilité d’un bateau et les conditions de navigation peuvent varier.

M’Hawa Sylla, une mère de famille de la localité, se souvient encore de son propre transfert au moment de son accouchement. Elle raconte avoir vécu cette traversée avec inquiétude :
« Le jour où je devais accoucher, mon état était critique. Je sentais la douleur. Le chef de la localité et mon mari ont appelé des femmes et quelques jeunes pour m’aider. Ensuite, on m’a embarquée dans le bateau et le bateau m’a beaucoup fait peur. Je pensais à mon bébé et à ma vie. »
Dans cette communauté, les habitants doivent donc compter sur la solidarité locale pour organiser les évacuations. Des proches, des femmes et des jeunes sont mobilisés pour accompagner les femmes enceintes jusqu’à une structure sanitaire située à Kaporo.
Cette situation concerne particulièrement les accouchements qui surviennent la nuit ou lorsque les conditions de déplacement sont difficiles. L’absence de dispensaire et de personnel de santé oblige alors les familles à trouver rapidement une solution de transport.
Pour les habitants de Kobaya Village, la grossesse est ainsi vécue avec une inquiétude supplémentaire. Chaque accouchement réussi constitue un soulagement, mais l’évacuation en bateau reste une étape redoutée par les familles.
Les habitants sollicitent donc l’intervention des autorités et des personnes de bonne volonté pour améliorer l’accès aux soins dans leur localité. Ils souhaitent notamment la construction d’un dispensaire et la mise à disposition de personnel de santé afin de permettre aux femmes enceintes d’accéder à une prise en charge plus proche de leur lieu de résidence.
Mamadou Lamarana Diallo et Mohamed Sylla, Stagiaires pour Laguinee.info





