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Rénovation des stades du 28-Septembre et de Nongo : « Le vrai débat n’est pas le montant, c’est ce qu’il finance », Kéamou Bogola Haba 

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Le débat autour du coût des travaux de rénovation et de modernisation des stades du 28-Septembre et de Nongo se poursuit en Guinée. Dans une tribune intitulée « Reconstruction ou rénovation des stades du 28-Septembre et de Nongo ? 250 millions de dollars d’investissements : le vrai débat n’est pas le montant, c’est ce qu’il finance », l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Kéamou Bogola Haba, apporte des éléments d’explication sur les deux projets.

Selon lui, le débat autour des 250 millions de dollars annoncés est légitime, mais doit être accompagné d’informations détaillées sur la nature des travaux, les équipements concernés et les mécanismes de contrôle.

Des infrastructures présentées comme plus que de simples rénovations

Dans sa tribune, Kéamou Bogola Haba estime que les travaux engagés dépassent le cadre d’une rénovation classique. Il explique :

« Un stade homologué n’est pas juste une enceinte de résidence : c’est un système — pelouse certifiée et drainage, éclairage, équipements de retransmission et de communication, de sécurité et de contrôle d’accès, vestiaires et zones mixtes, salles de presse, antidopage, assistance vidéo, et, pour un complexe multisports, piste, piscines et salles omnisports. »

L’ancien ministre souligne également qu’une partie importante des équipements nécessaires à ces infrastructures doit être importée.

Selon lui, 90 % des équipements seraient importés, dans un contexte marqué par l’évolution des prix mondiaux des matériaux et du transport.

Nongo : un chantier entamé en 2007

Concernant le complexe sportif de Nongo, Kéamou Bogola Haba rappelle que le projet avait été lancé en septembre 2007 dans le cadre de la coopération chinoise.

Il indique que l’ouvrage avait été livré en 2011, mais qu’il n’avait pas été totalement achevé, faute de financement de la partie guinéenne.

L’ancien ministre affirme qu’un nouveau contrat a ensuite été conclu en 2017 pour poursuivre les travaux.

Il évoque également une mission d’inspection de la Confédération africaine de football en 2022, qui aurait relevé plusieurs insuffisances, notamment au niveau de la pelouse et de l’éclairage.

« Traduit en travaux : une pelouse à déposer intégralement avec ses couches de drainage, un éclairage à remplacer entièrement, ainsi que des vestiaires et des salles à déplacer, à refaire complètement et à meubler. Pas une retouche : une reprise », écrit-il.

Environ 120 millions de dollars pour Nongo

Selon les chiffres avancés par l’ancien ministre, le complexe de Nongo représenterait environ 120 millions de dollars d’investissement pour sa finition.

Il détaille plusieurs équipements qui seraient intégrés au projet : un stade annexe répondant aux normes CAF et FIFA, une tribune couverte, des loges VIP et VVIP, des vestiaires modernes, des salles de presse, une clinique, une pelouse naturelle avec système automatique d’arrosage et de drainage, ainsi que des dispositifs de vidéosurveillance et de contrôle des accès.

Le projet prévoit également, selon lui, des espaces commerciaux, de restauration, de jeux et de conférences, ainsi qu’un musée consacré au sport guinéen.

130 millions de dollars annoncés pour le 28-Septembre

Pour le stade du 28-Septembre, Kéamou Bogola Haba avance un investissement d’environ 130 millions de dollars.

Il précise qu’une partie de cette enveloppe serait consacrée au football, tandis que le reste concernerait les autres disciplines sportives et les infrastructures communes.

Le complexe devrait notamment comprendre un stade d’une capacité annoncée de 18 000 places, avec une possibilité d’extension à 32 000 places, selon les projections présentées dans la tribune.

L’ancien ministre évoque également une arène modulable de 6 000 à 9 000 places, un nouveau palais des sports, une piscine olympique, un stade annexe, une école de sport, une clinique médico-sportive et des espaces administratifs destinés notamment aux structures sportives nationales.

« Le vrai débat n’est pas le montant, c’est ce qu’il finance »

Pour Kéamou Bogola Haba, la question du coût doit être examinée à partir du contenu précis des projets plutôt qu’à travers une simple conversion du montant en francs guinéens.

Il écrit : « À mon sens, la bonne méthode ne consiste pas à traduire un montant : elle consiste à savoir ce qu’il achète. »

L’ancien ministre considère également qu’il serait difficile de comparer directement ces investissements avec ceux d’autres stades en se basant uniquement sur leur capacité d’accueil.

Selon lui, les deux projets doivent être considérés comme des complexes sportifs et de loisirs, et non comme de simples stades de football.

Une homologation provisoire déjà obtenue

Dans sa tribune, Kéamou Bogola Haba affirme que le stade du 28-Septembre a obtenu en 2026 une homologation provisoire.

Il indique que le stade de Nongo devrait suivre environ six mois plus tard, avec notamment l’option d’une pelouse naturelle.

Les autres infrastructures destinées au basketball, au handball, au volleyball, à la natation et aux sports de combat devraient, selon lui, faire l’objet d’homologations internationales entre 2027 et 2029, si le projet se poursuit selon le calendrier annoncé.

Cinq années de matchs disputés à l’étranger

L’ancien ministre rappelle que l’absence d’infrastructures homologuées a contraint le Syli national et les clubs guinéens à recevoir leurs adversaires à l’étranger pendant plusieurs années.

Il estime que cette situation a également entraîné des dépenses liées aux déplacements, à l’hébergement et à la location d’infrastructures hors de Guinée.

« Pendant près de cinq ans, nos matchs à domicile se sont joués à l’étranger — déplacements, hébergements, location d’enceintes — aux frais de l’État et sans une recette encaissée au pays », soutient-il.

Il présente ainsi la rénovation des infrastructures comme un investissement qui doit être comparé non seulement à son coût, mais également aux conséquences financières et sportives de l’absence d’équipements homologués.

Des mécanismes de contrôle évoqués

Kéamou Bogola Haba insiste par ailleurs sur les différents intervenants impliqués dans la réalisation et le contrôle de ce type de projet.

Selon lui, le maître d’ouvrage définit la vision, le gouvernement et l’Assemblée nationale approuvent et ouvrent la ligne budgétaire, tandis que les architectes et bureaux d’études assurent la conception.

Il cite également l’ARMP pour la passation des marchés, l’ACGP et les bureaux de contrôle pour le suivi technique, ainsi que les structures chargées du contrôle financier et la Cour des comptes pour les vérifications.

Il résume cette chaîne en ces termes :

« Huit maillons, huit responsabilités distinctes, et des contrôles qui se recoupent. »

L’appel à publier les détails des dépenses

Malgré les explications apportées, l’ancien ministre estime que les autorités doivent poursuivre l’effort de transparence.

Il appelle notamment à publier les détails des marchés et des dépenses liés aux deux complexes.

« Les bonnes questions ont des réponses documentées — périmètre exact de chaque marché, part des constructions neuves et des équipements, part de la reprise de l’existant », souligne-t-il.

Il estime que ces informations devraient être accessibles à travers les contrats, les décomptes des entreprises et les rapports des structures de contrôle.

Au-delà du football

Pour l’ancien ministre, les infrastructures en construction doivent également permettre à la Guinée d’accueillir des compétitions internationales dans plusieurs disciplines.

Il rappelle que le pays a longtemps été limité dans sa capacité à organiser des compétitions homologuées de basketball, de handball, d’athlétisme, de sports de combat ou encore de natation.

Il estime ainsi que les projets de Nongo et du 28-Septembre ne concernent pas uniquement le football, mais participent à la constitution d’un patrimoine sportif national.

Nimba Sport pour l’exploitation commerciale

Kéamou Bogola Haba aborde également la question de l’exploitation future des infrastructures.

Il rappelle que, par décret du 15 août 2025, l’État aurait créé la Direction générale de Nimba Sport, appelée à évoluer vers une société anonyme à capitaux entièrement publics.

Cette structure devrait notamment assurer la gestion de la billetterie, des loges, des espaces publicitaires, du sponsoring, des salles et terrains annexes, ainsi que l’organisation d’événements.

L’ancien ministre affirme qu’une étude d’opérationnalisation réalisée en 2025 évalue à environ 948 millions de dollars sur dix ans le chiffre d’affaires cumulé potentiel du portefeuille concerné.

Il avance également des projections de retour sur investissement à l’horizon 2031 pour Nongo et 2033 pour le 28-Septembre.

Ces chiffres constituent toutefois des projections, et non des recettes déjà réalisées.

« Achever, gérer, rendre compte »

En conclusion, Kéamou Bogola Haba formule trois priorités pour la suite des projets : achever les travaux, assurer l’exploitation des infrastructures et rendre compte de l’utilisation des fonds publics.

« Achever : les derniers travaux et l’homologation définitive des deux complexes. Gérer : mettre effectivement Nimba Sport en ordre de marche. Rendre compte : publier, poste par poste, ce que l’argent public a financé, puis ce qu’il rapporte. »

La tribune intervient alors que le montant annoncé de 250 millions de dollars continue d’alimenter les interrogations sur le coût des travaux des deux principales infrastructures sportives de Conakry. Pour l’ancien ministre, le débat doit désormais porter sur le contenu précis des investissements, leur contrôle, leur exploitation future et les résultats qu’ils permettront d’obtenir.

Laguinee.info

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