La demande du Premier ministre Amadou Oury Bah de transmettre l’ensemble des contrats publics signés depuis septembre 2021 suscite des interrogations. Pour le porte-parole adjoint du Gouvernement, Moussa Moïse Sylla, cette démarche relève toutefois d’une procédure administrative visant à centraliser les informations sur les engagements de l’État.
Le sujet a été abordé ce mercredi 19 août 2026, lors d’une rencontre entre les nouveaux porte-paroles des institutions et les médias nationaux et internationaux, organisée à la salle de conférence de Camayenne Plage.
Selon Moussa Moïse Sylla, la demande formulée par le Premier ministre concerne l’ensemble des membres du Gouvernement et ne vise aucun département ministériel en particulier.
Tous les contrats depuis septembre 2021 concernés
Le porte-parole adjoint du Gouvernement rappelle que le Premier ministre a demandé aux ministres de lui faire parvenir, dans un délai de 48 heures, les copies des contrats conclus depuis septembre 2021.
Il explique le contexte dans lequel cette demande intervient :
« Le 17 août 2024, le Premier ministre Amadou Oury Bah a demandé, comme cela est de son devoir et de son rôle, à l’ensemble des ministres, des membres du Gouvernement donc, de lui transmettre, sur différents supports, l’ensemble des copies de l’ensemble des contrats signés depuis septembre 2021 », a expliqué Moussa Moïse Sylla en réponse à la question d’un journaliste.
Pour lui, cette initiative s’inscrit dans la même logique que les mesures annoncées autour de la transparence administrative et de la digitalisation des procédures publiques.
Le porte-parole adjoint établit notamment un lien entre la centralisation des contrats et la volonté affichée par l’administration de renforcer la traçabilité des procédures :
« Si vous remarquez, dans la communication qui a été faite préalablement, il y a une jonction. C’est une cohérence véritable, parce que ce sont des éléments qui s’intègrent. Les porte-paroles ont parlé de transparence dans les procédures administratives, avec des éléments de réforme digitale qui permettent aujourd’hui à l’État de mettre un peu de côté le papier et d’aller sur le digital et le numérique », a-t-il indiqué.
Une centralisation pour avoir une vue d’ensemble
Au-delà de la simple transmission des documents, Moussa Moïse Sylla présente la démarche comme un moyen pour le Premier ministre d’avoir une vision globale des contrats conclus par les différents départements ministériels.
Il souligne notamment la succession de plusieurs ministres à la tête d’un même département, pouvant entraîner la signature de contrats par différents responsables au fil des années.
Il précise ainsi : « C’est pour que nous ayons une sorte de centralisation de l’ensemble des contrats passés. Il y a plusieurs ministres qui sont passés à un même portefeuille ministériel, et donc des contrats ont été signés par différents ministres. Donc l’ensemble de ces contrats réunis permet au Premier ministre, qui opère l’orchestration qui permet donc de mettre un véritable rythme au niveau de l’ensemble du Gouvernement, ça lui permet d’avoir des éléments à son niveau, centralisés. »
Selon lui, cette compilation doit également permettre au chef du Gouvernement de disposer d’éléments d’appréciation sur les engagements financiers pris par l’État et, le cas échéant, de les soumettre au président de la République.
« Il n’y a pas de ciblage »
La demande ayant suscité des interprétations, le porte-parole adjoint du Gouvernement a particulièrement insisté sur son caractère général. Il réfute notamment l’idée selon laquelle certains ministres ou responsables seraient spécifiquement visés par cette opération.
Moussa Moïse Sylla affirme : « Souvent, lorsqu’on demande des contrats à déposer, on pense que tel ministre ou tel autre est ciblé, ou qu’on veut atteindre telle ou telle personne. Il n’en est absolument rien. Il n’y a pas de ciblage dans ce qu’il a demandé. »
Pour lui, la démarche répond avant tout à un objectif administratif. Elle doit permettre au Premier ministre de disposer d’une documentation complète sur les contrats conclus par les différents départements et d’avoir une meilleure visibilité sur les dépenses publiques engagées.
Il détaille l’objectif poursuivi par cette procédure :
« C’est une procédure administrative normale qu’il a instaurée dans un esprit de voir un peu plus clair sur ce qui a été fait, mais aussi dans un esprit d’avoir des éléments qui permettront de faire des appréciations sur des montants qui ont été engagés en termes de dépenses publiques par rapport à différents contrats », a-t-il assuré.
Selon le porte-parole adjoint, les ministres concernés ont finalement transmis les documents demandés dans le délai fixé par le Premier ministre.
La mesure intervient ainsi dans un contexte où le Gouvernement met en avant la transparence, la traçabilité et la modernisation des procédures administratives. Pour l’exécutif, la centralisation des contrats doit notamment permettre de disposer d’une vue consolidée des engagements publics pris depuis septembre 2021.





