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Dr Djakité Sékou, médecin : « Une fois que le Plasmodium se développe trop, la prise en charge devient difficile »

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Avec le retour des pluies, le risque de propagation du paludisme augmente, notamment en raison de la multiplication des eaux stagnantes favorables au développement des moustiques. Enfants de moins de cinq ans, femmes enceintes et personnes dont l’immunité est affaiblie figurent parmi les catégories les plus vulnérables. Pour mieux comprendre les risques liés à cette maladie et les moyens de prévention, Ramatoulaye Yacine Baldé, stagiaire à Laguinee.info, s’est entretenue avec le Dr Djakité Sékou.

Dans cet entretien, le médecin revient sur les personnes les plus exposées, les risques liés à une prise en charge tardive, les dangers de l’automédication et les gestes à adopter pendant la saison des pluies.

Laguinee.info : Selon vous, quelles sont les catégories de personnes les plus vulnérables au paludisme, surtout en saison pluvieuse ?

Dr Djakité Sékou : Avant de parler des personnes les plus vulnérables au paludisme, il faut d’abord expliquer à la population ce qu’est cette maladie. Le paludisme est une maladie causée par un parasite appelé Plasmodium falciparum. Il est transmis à l’être humain par la piqûre des moustiques femelles du genre Anopheles.

Pendant la saison pluvieuse, ces moustiques se développent notamment dans les eaux stagnantes, où ils pondent leurs œufs. C’est pourquoi le paludisme est généralement plus fréquent pendant cette période que durant la saison sèche.

Lorsqu’un moustique infecté pique une personne, il lui transmet le parasite responsable du paludisme.

L’organisme dispose toutefois de défenses immunitaires, notamment les anticorps, qui participent à la lutte contre les maladies. Chez l’enfant, cette immunité est encore en développement. Avant l’âge de cinq ans, il est donc particulièrement vulnérable au paludisme. Les femmes enceintes sont également considérées comme des personnes vulnérables, car la grossesse augmente le risque de développer des formes graves de la maladie.

Il y a aussi les personnes dont le système immunitaire est affaibli, notamment celles vivant avec le VIH ou souffrant de certaines maladies affectant leurs défenses immunitaires.

En résumé, les principales personnes vulnérables sont les enfants, les femmes enceintes et les personnes ayant une immunité réduite.

Qu’est-ce qui pourrait arriver si l’on ne consulte pas rapidement ? Quels sont les risques ?

Avant même de parler de consultation, il faut surtout insister sur la prévention. C’est pourquoi l’État guinéen, à travers le Programme national de lutte contre le paludisme, distribue gratuitement des moustiquaires imprégnées d’insecticides. Elles permettent de réduire le risque de transmission du paludisme.

Lorsque la prévention n’est pas suffisante, une personne peut développer la maladie. Dès l’apparition des premiers symptômes, notamment la fièvre, la fatigue ou les maux de tête, il faut se rendre rapidement dans un centre de santé.

Si la maladie n’est pas prise en charge à temps, elle peut s’aggraver. Le parasite peut alors se multiplier dans l’organisme et rendre la prise en charge plus difficile.

Il est donc important de consulter rapidement afin d’éviter les complications.

Que pensez-vous de l’automédication, notamment lorsque certaines personnes choisissent de soigner le paludisme à domicile ?

La conséquence de l’automédication est qu’on peut passer à côté de la maladie.

Pour traiter le paludisme, il existe un protocole thérapeutique précis. Lorsqu’une personne pratique l’automédication, elle ne connaît pas forcément la dose appropriée ni les médicaments adaptés à son état.

Elle peut, par exemple, prendre une dose insuffisante et croire qu’elle est en train de traiter son paludisme. Elle peut également utiliser un médicament inapproprié.

Il faut aussi savoir qu’on ne peut pas toujours déterminer soi-même s’il s’agit d’un paludisme simple ou d’une forme compliquée.

L’autre risque est de traiter une maladie qui n’est pas le paludisme. Certaines maladies peuvent présenter des symptômes similaires. La fièvre typhoïde, par exemple, peut également provoquer de la fièvre.

Une personne peut donc croire qu’elle souffre du paludisme alors qu’elle présente une autre maladie.

C’est pourquoi l’automédication est déconseillée. Il faut consulter un professionnel de santé afin d’obtenir un diagnostic et une prise en charge adaptés.

Quels sont les gestes que vous suggérez aux populations pendant cette saison des pluies pour se protéger contre le paludisme ?

L’urgence est simple : il faut se protéger contre les moustiques. Les enfants et les femmes enceintes, qui font partie des personnes vulnérables, doivent notamment dormir sous des moustiquaires imprégnées.

Il faut également pulvériser les chambres afin d’éliminer les moustiques et, lorsque cela est possible, traiter l’environnement immédiat.

La lutte contre le paludisme est une responsabilité partagée. L’État doit jouer son rôle, notamment à travers l’assainissement et le curage des caniveaux.

Les familles doivent également contribuer à maintenir leur environnement propre. Mais certaines actions dépassent les capacités des ménages. Les familles ne peuvent pas, à elles seules, curer les caniveaux ou procéder à certaines opérations de pulvérisation dans les quartiers.

L’État a donc sa part de responsabilité, tout comme les populations et les familles.

 

Interview réalisée par:

Ramatoulaye Yacine Baldé, stagiaire, pour Laguinee.info.

 

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