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Moto-taxis à Coyah : accidents, routes encombrées et manque de régulation inquiètent les usagers

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À Coyah, la circulation devient particulièrement difficile aux heures de pointe. Les motos-taxis se faufilent entre les véhicules, les camions immobilisés perturbent certains axes et les embouteillages réduisent la visibilité dans plusieurs carrefours. Dans ce contexte, les conducteurs et les passagers sont exposés à des risques d’accident.

À Manéah, en fin d’après-midi, la circulation se densifie rapidement. Les motos-taxis cherchent à se frayer un passage entre les véhicules à l’arrêt, tandis que les automobilistes tentent de progresser malgré les bouchons. Dans certains endroits, la présence d’un camion en panne ou une manœuvre imprudente peut rapidement compliquer la situation.

Morlaye Camara en a fait l’expérience. Un mardi, vers 17 heures, alors qu’il rentrait du travail, il a choisi une moto-taxi pour éviter les embouteillages. Arrivé à proximité d’un grand carrefour de Manéah, un camion-citerne en panne dans un virage aurait fortement perturbé la circulation.

Selon son récit, l’absence d’agents chargés de réguler le trafic a également contribué aux difficultés rencontrées sur place. Le conducteur de la moto-taxi aurait alors tenté de dépasser par la droite avant qu’une collision ne survienne avec une voiture venant en sens inverse.

Revenant sur les circonstances de l’accident, Morlaye Camara met en cause la visibilité réduite et la manœuvre du conducteur :

« Le camion en panne dans le virage masquait complètement la visibilité. Il n’y avait pas d’agents de la police routière pour mettre de l’ordre et mon conducteur a pris un risque inutile en tentant de se faufiler. »

Un accident aux lourdes conséquences

Le choc a lourdement affecté le passager. Projeté sur le bitume, Morlaye Camara a subi une fracture ouverte à la jambe droite ainsi que plusieurs contusions.

Son accident a entraîné deux semaines d’hospitalisation, quatre mois avec la jambe immobilisée et plusieurs mois de rééducation. Durant cette période, le commerçant indépendant a dû interrompre son activité et s’est retrouvé sans revenus réguliers.

Il revient sur les conséquences financières de cette période :

« Cet arrêt forcé de près de huit mois a complètement asséché mes économies. J’ai dû vendre une partie de mes biens pour payer les frais d’hospitalisation et les ordonnances. »

Même après sa rééducation, certaines douleurs persistent, selon lui. L’accident a également modifié ses habitudes de déplacement. Morlaye Camara affirme désormais être plus attentif au comportement des conducteurs avant de monter sur une moto-taxi.

Il explique notamment les précautions qu’il dit prendre depuis son accident : « La vitesse ne vaut pas une vie. »

Plusieurs facteurs évoqués par les transporteurs

Pour Cheick Camara Ousmane, secrétaire administratif de la CNTG de Manéah, les accidents enregistrés dans la zone résultent de plusieurs facteurs. Il cite notamment la circulation dense, les manœuvres imprudentes, les véhicules en panne et l’insuffisance de régulation dans certains carrefours.

Selon lui, les difficultés deviennent plus importantes lorsqu’un camion tombe en panne dans un virage ou sur une partie étroite de la chaussée. La circulation se retrouve alors ralentie et les usagers cherchent parfois à contourner l’obstacle par des manœuvres qui peuvent augmenter les risques de collision.

Le responsable syndical estime également que l’impatience des usagers joue un rôle dans certaines situations. Lorsque les bouchons s’allongent, certains conducteurs tentent de gagner du temps en empruntant des espaces réduits ou en effectuant des dépassements risqués.

Le syndicat mise sur la sensibilisation

Face à ces difficultés, le syndicat affirme mener des actions de sensibilisation auprès des conducteurs de motos-taxis. Des rencontres sont notamment organisées chaque premier dimanche du mois avec les motards et les chauffeurs de taxi-moto.

Ces séances portent principalement sur le respect du code de la route, la prudence dans les zones à forte circulation et la nécessité de prendre en compte les autres usagers.

Le syndicat plaide également pour une présence plus régulière des agents chargés de la circulation dans les carrefours considérés comme sensibles. Une meilleure régulation pourrait, selon ses responsables, limiter les manœuvres désordonnées lorsque la circulation devient dense.

La sécurité ne dépend pas uniquement des conducteurs

Pour les acteurs rencontrés, la réduction des accidents passe toutefois par plusieurs mesures. La prudence des conducteurs reste importante, mais elle doit être accompagnée d’une meilleure organisation de la circulation.

L’état des routes, la gestion des carrefours, la présence d’agents de circulation et l’évacuation rapide des véhicules en panne sont également présentés comme des éléments pouvant contribuer à réduire les risques.

Morlaye Camara souhaite notamment que les autorités renforcent la surveillance des zones où la circulation est particulièrement difficile. Il demande également une intervention rapide lorsqu’un camion ou un autre véhicule immobilisé constitue un obstacle pour les usagers.

Les forces de police ne se prononcent pas

Contactées afin d’apporter leur éclairage sur la régulation de la circulation et les accidents impliquant les motos-taxis dans la zone de Coyah, les forces de police sollicitées n’ont pas souhaité répondre aux questions de la rédaction.

Cette absence de réaction ne permet donc pas d’obtenir, dans le cadre de ce reportage, des précisions officielles sur les dispositifs de régulation déployés dans les carrefours concernés ou sur les mesures envisagées pour améliorer la sécurité routière.

À Coyah, les difficultés de circulation restent ainsi une préoccupation pour les usagers. Entre les embouteillages, les véhicules en panne, les manœuvres de dépassement et les besoins de régulation, les conducteurs de motos-taxis comme leurs passagers restent exposés à des risques d’accident. Pour les acteurs rencontrés, la prévention passe par une responsabilité partagée entre usagers, transporteurs et autorités chargées de la circulation.

Sékouba Léno, Stagiaire pour Laguinee.info 

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