À Entag, dans la commune de Ratoma, les passionnés de football n’ont pas de terrain aménagé pour pratiquer leur sport. Ils utilisent une parcelle privée, faute d’alternative. Pendant la saison des pluies, la boue et les flaques d’eau compliquent davantage les séances.

Au petit matin, les premiers joueurs investissent la parcelle. Les plus jeunes prennent possession de l’espace pour quelques heures de football. Dans la soirée, les plus âgés reprennent le relais.
Ici, pas de pelouse, pas de gradins, encore moins de vestiaires. Le terrain est simplement une étendue de terre utilisée au gré des disponibilités.
Lansana Fofana, habitant du quartier et joueur sur cette parcelle, décrit cette organisation quotidienne.
« Le matin, ce sont les plus jeunes joueurs qui jouent au football et le soir, les plus âgés que nous sommes jouons ici. »

Une parcelle privée devenue terrain de football
Le paradoxe est visible. L’espace utilisé par les jeunes ne leur appartient pas. Selon Lansana Fofana, la parcelle est la propriété d’un certain Tidiane Koïta. Mais en l’absence de construction, les jeunes du quartier ont décidé de l’utiliser pour leurs activités sportives:
« Ce terrain est une propriété privée d’un certain Tidiane Koïta. Vu qu’il n’a pas construit, nous avons jugé nécessaire de jouer ici parce qu’on n’a pas de terrain », explique-t-il.

Une situation qui ne garantit pourtant pas la stabilité de leur espace de jeu. Un autre jeune du quartier, qui souhaite garder l’anonymat, explique que les joueurs doivent parfois interrompre leurs activités lorsque le propriétaire réclame l’usage de sa parcelle:
« Parfois, on a du mal à jouer ici. C’est une terre qui appartient à quelqu’un et donc on est obligé de quitter. »
La pluie transforme le terrain en bourbier
À cette incertitude s’ajoutent les difficultés liées à la saison des pluies. Le sol en terre absorbe difficilement les importantes quantités d’eau. Des flaques se forment à plusieurs endroits et la boue rend les déplacements plus compliqués: « En cette saison pluvieuse, l’état du terrain est mauvais. Il y a de la boue et de l’eau partout », témoigne le jeune.
Pour ces passionnés, pratiquer le football devient alors une affaire de courage et d’adaptation.
Malgré ces conditions, les jeunes continuent de se retrouver sur la parcelle. Leur objectif reste le même : jouer, s’entraîner et entretenir leur passion pour le football.
Un appel à aménager des espaces sportifs
Face à cette situation, les jeunes souhaitent disposer d’un terrain adapté dans leur quartier.
« Nous demandons aux autorités de nous aider à avoir des terrains sportifs adaptés dans les quartiers. Nous sommes des jeunes et nous avons des plaisirs », plaide le jeune.
Le coach qui encadre habituellement les joueurs n’était pas présent lors du passage de notre équipe. Il n’a donc pas pu apporter son témoignage.
À Entag, cette parcelle privée illustre une réalité plus large : dans certains quartiers de Conakry, les jeunes doivent improviser pour pratiquer le sport, faute d’infrastructures de proximité.
En attendant la création ou l’aménagement d’espaces dédiés, le football continue de se jouer sur cette terre privée. Avec ses flaques, sa boue et l’incertitude liée à son statut, le terrain reste néanmoins le seul espace disponible pour ces jeunes passionnés.
Ramatoulaye Yacine Baldé, Stagiaire pour Laguinee.info





