spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

À Cosa, vendre entre les véhicules pour faire vivre sa famille

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

Au carrefour de Cosa, dans la commune de Ratoma, les embouteillages ne ralentissent pas seulement la circulation. Ils sont aussi devenus un lieu de travail pour de nombreux vendeurs ambulants. Entre les véhicules immobilisés, les motos qui slaloment et les coups de klaxon, des jeunes femmes parcourent chaque jour la chaussée pour vendre de l’eau, des boissons, des biscuits ou des arachides. Une activité exercée au prix de nombreux risques, mais qui permet à certaines familles de vivre.

 

À Cosa, les moteurs tournent au ralenti. Les voitures avancent de quelques mètres avant de s’immobiliser de nouveau. Les chauffeurs s’impatientent, les passagers observent la circulation, tandis que les klaxons se mêlent au bruit des motocyclettes. Dans cet embouteillage presque permanent, une autre activité s’organise.

Glacière à la main, Fanta Camara se faufile rapidement entre les véhicules. À chaque arrêt, elle s’approche d’une vitre, propose une bouteille d’eau fraîche ou une boisson gazeuse, encaisse quelques billets puis rejoint aussitôt un autre client avant que le feu ne change ou que les véhicules ne redémarrent.

À seulement 22 ans, cette jeune femme mariée exerce cette activité depuis trois ans.

« Je fais ce travail depuis trois ans. Je n’avais pas d’emploi stable et j’ai décidé de vendre des boissons pour aider mon mari à subvenir aux besoins de notre foyer », explique-t-elle.

Sa journée commence vers 7 heures du matin et se termine généralement entre 18 et 19 heures. Les périodes de forte affluence sont celles qu’elle attend avec le plus d’impatience.

« Les heures de pointe sont les meilleures. Certains jours, je peux réaliser un bénéfice compris entre 150 000 et 250 000 francs guinéens », affirme-t-elle.

Mais derrière ces revenus se cache un quotidien fait de vigilance permanente. Entre les files de voitures, les motos circulent parfois à vive allure et les automobilistes redémarrent sans prévenir.

« J’ai déjà été bousculée par une moto. Il arrive aussi que certains clients prennent une boisson sans payer. Malgré tout, je continue parce que je veux améliorer les conditions de vie de ma famille. Mon rêve est d’ouvrir un jour ma propre boutique de boissons », confie-t-elle.

Quelques mètres plus loin, Aïcha Diallo arpente les mêmes embouteillages. Dans ses mains, des sachets d’arachides, des biscuits et des bonbons. À 18 ans, cette élève partage son temps entre les études et le commerce ambulant.

« Je fais ce travail depuis deux ans. Je veux aider mes parents et payer une partie de mes dépenses scolaires », raconte-t-elle.

À chaque arrêt de la circulation, elle se dirige vers les véhicules. Lorsque les voitures redémarrent, elle rejoint rapidement le bord de la route avant de repartir vers une nouvelle file.

Comme Fanta, elle passe plusieurs heures sous le soleil ou sous la pluie. Les journées les plus favorables lui permettent de réaliser un bénéfice compris entre 80 000 et 150 000 francs guinéens.

« Il m’est déjà arrivé de tomber en voulant éviter une moto. Ce travail est fatigant et il y a des jours où les ventes sont faibles. Mais je continue parce que je veux terminer mes études. Mon plus grand rêve est d’obtenir un bon emploi et de ne plus vendre dans les embouteillages », explique-t-elle.

Au carrefour de Cosa, les embouteillages représentent une contrainte pour les automobilistes, mais ils constituent également une opportunité de revenus pour de nombreux jeunes. Chaque arrêt de la circulation devient un moment pour proposer une bouteille d’eau, un jus, un sachet d’arachides ou quelques biscuits.

Derrière ces marchandises vendues en quelques secondes se cachent pourtant de longues journées de marche, l’exposition au soleil, à la pluie et aux risques d’accidents.

Les parcours de Fanta Camara et d’Aïcha Diallo illustrent la réalité de nombreux vendeurs ambulants de Conakry. Faute d’emploi stable ou pour soutenir leurs familles, ils continuent de parcourir les embouteillages de la capitale, avec l’espoir qu’un jour, cette activité laissera place à un avenir plus stable.

Salématou Keïta, Stagiaire pour Laguinee.info

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS