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Restrictions des réseaux sociaux en Guinée : «Cela entraîne forcément des pertes financières»

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Les restrictions d’accès à certains réseaux sociaux continuent de modifier les habitudes numériques des Guinéens. Depuis l’instauration de ces limitations, citoyens, commerçants en ligne et professionnels des médias disent être contraints de revoir leurs méthodes de communication et de travail. Si certains utilisateurs se tournent vers les réseaux privés virtuels (VPN) pour contourner les difficultés d’accès, d’autres dénoncent les conséquences de cette situation sur l’information, le commerce numérique et les activités professionnelles.

Sur son téléphone portable, Mamadou Lamine Diallo consulte ses plateformes habituelles avant d’activer un VPN pour accéder à certains réseaux sociaux. Comme plusieurs utilisateurs, cet étudiant et community manager a dû adapter son usage du numérique face aux restrictions observées sur certaines plateformes.

Pour lui, les réseaux sociaux représentent aujourd’hui un outil indispensable, aussi bien pour s’informer que pour exercer son activité professionnelle.

« Facebook est le réseau social que j’utilise le plus. Je m’en sers pour gérer des pages, suivre l’actualité et consulter les publications de mes amis. J’utilise également TikTok pour le divertissement, X pour suivre l’actualité internationale et YouTube pour regarder des documentaires et me former », explique-t-il.

Selon lui, le recours aux VPN est devenu une pratique courante chez de nombreux internautes.

« Aujourd’hui, beaucoup de personnes utilisent un VPN pour contourner la restriction. Personnellement, je continue à échanger avec mes proches grâce à WhatsApp, qui fonctionne toujours. Mais lorsque j’active le VPN, je rencontre des difficultés pour partager la connexion de mon téléphone avec mon ordinateur. Je suis donc obligé de travailler uniquement avec mon téléphone », témoigne-t-il.

Cette solution n’est cependant pas sans risques. Mamadou Lamine Diallo alerte sur les dangers liés à l’utilisation de certains services gratuits.

« Les personnes qui ne maîtrisent pas l’utilisation d’un VPN peuvent avoir des difficultés à accéder à l’information ou à leurs activités. Certains VPN gratuits peuvent aussi exposer les données personnelles des utilisateurs », prévient-il.

Les commerçants en ligne face à une baisse d’activité

Pour les entrepreneurs qui utilisent les réseaux sociaux comme principal outil de vente, les restrictions ont également des conséquences économiques.

Saran Doukouré, commerçante en ligne, explique que les plateformes numériques représentent le cœur de son activité.

« Depuis les restrictions, nous constatons une baisse des commandes. Il devient également plus difficile d’atteindre de nouveaux clients. Cela entraîne forcément des pertes financières », affirme-t-elle.

Pour maintenir son commerce, elle s’appuie désormais davantage sur ses contacts existants.

« Je continue mes ventes avec mes anciens clients à travers WhatsApp, où la connexion reste plus stable que sur Facebook ou TikTok », précise-t-elle.

Elle appelle à une prise en compte des réalités des acteurs du commerce numérique, dont les revenus dépendent largement de la visibilité offerte par ces plateformes.

Les médias numériques impactés

Les rédactions en ligne font également partie des secteurs affectés par cette situation. Pour Abdoul Aziz Diallo, journaliste web, les restrictions compliquent le travail quotidien des médias numériques.

« Nous avons besoin d’une connexion stable pour publier nos informations, réaliser nos reportages et rester en contact avec notre audience. Aujourd’hui, nous constatons une baisse des vues, des réactions et des partages », explique-t-il.

Selon lui, cette diminution de visibilité peut avoir des répercussions sur l’économie des médias en ligne.

« Lorsque l’audience baisse, cela peut également affecter les partenariats publicitaires, car ils dépendent largement de la visibilité des contenus. Pour continuer à travailler, nous utilisons principalement les VPN, malgré les risques que cela peut représenter », ajoute-t-il.

Entre sécurité numérique et liberté d’accès à l’information

Pour Alseny Camara, spécialiste du numérique, une restriction des réseaux sociaux consiste à limiter certaines fonctionnalités ou certains accès sans forcément supprimer totalement l’utilisation des plateformes concernées.

Selon lui, plusieurs raisons peuvent pousser un État à prendre ce type de mesure, notamment la lutte contre la désinformation, la protection des mineurs, la sécurité publique ou encore la régulation des contenus diffusés en ligne.

Cependant, il souligne que ces restrictions produisent également des effets sur plusieurs secteurs.

« Elles affectent le commerce en ligne, la communication, la formation et les activités des entreprises qui dépendent des plateformes numériques. Elles peuvent aussi encourager l’utilisation des VPN, avec des risques possibles pour les données personnelles », explique-t-il.

À long terme, estime-t-il, ces difficultés pourraient ralentir la progression de l’économie numérique en Guinée.

Face à cette situation, le spécialiste recommande de renforcer l’éducation au numérique, notamment dans les écoles et universités, de sensibiliser les citoyens aux risques liés à la désinformation et au cyberharcèlement, tout en développant des mécanismes permettant de mieux encadrer les usages numériques.

Entre adaptation quotidienne et inquiétudes sur l’avenir du numérique, les restrictions des réseaux sociaux continuent ainsi de susciter des interrogations chez les utilisateurs, les professionnels et les acteurs économiques qui dépendent de ces plateformes.

Sékouba Léno, Stagiaire pour Laguinee.info

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