De plus en plus de Guinéens utilisent les services de paiement mobile pour transférer de l’argent, régler des achats ou effectuer des opérations quotidiennes. Si cette pratique facilite certaines transactions, elle reste confrontée à plusieurs difficultés, notamment les problèmes de réseau, les erreurs de manipulation et les risques d’arnaques.

Devant les points de services de paiement mobile, les files d’attente sont devenues familières. Des clients viennent retirer de l’argent, effectuer un dépôt ou envoyer des fonds à leurs proches. Dans les marchés et certains commerces, le téléphone remplace progressivement les billets de banque pour plusieurs transactions quotidiennes.
Dans un marché de Conakry, une cliente sort son téléphone après avoir choisi quelques articles. La transaction effectuée, la vendeuse vérifie la confirmation avant de remettre la marchandise. Une pratique qui, il y a quelques années encore, était moins fréquente.
Aujourd’hui, le paiement mobile ne sert plus uniquement aux transferts d’argent entre particuliers. Certains utilisateurs l’emploient pour acheter du crédit téléphonique, régler des achats ou recevoir des paiements liés à leurs activités commerciales.
Pour Fanta Keita, utilisatrice depuis plusieurs années, cette évolution a changé sa manière de gérer son argent.
« Avant, j’utilisais ce service seulement pour envoyer de l’argent à mes proches. Maintenant, je fais plusieurs opérations avec mon téléphone, notamment les dépôts, les retraits et certains paiements », explique-t-elle.
Elle estime que cette méthode permet de limiter les déplacements avec de grandes sommes d’argent liquide. Mais elle reconnaît aussi certaines difficultés.
« Il faut rester prudent parce qu’il y a beaucoup de tentatives d’arnaque. Il arrive aussi que le réseau ne fonctionne pas correctement ou qu’une transaction rencontre des problèmes », témoigne-t-elle.
Les commerçants s’adaptent
Dans les marchés, plusieurs vendeurs ont également intégré le paiement mobile dans leurs activités. Pour certains, accepter ce mode de règlement permet de ne pas perdre des clients qui ne disposent pas d’argent liquide.
Aïcha Diallo, vendeuse de parfums, affirme avoir adopté cette pratique depuis quelques années.
« Au début, les clients utilisaient rarement ce moyen de paiement. Aujourd’hui, beaucoup préfèrent payer par téléphone parce que c’est plus simple pour eux », explique-t-elle.
Cependant, elle souligne que les difficultés techniques peuvent parfois perturber les ventes.
« Quand le réseau est mauvais ou que la confirmation tarde, cela crée parfois des incompréhensions avec les clients », ajoute-t-elle.
Des utilisateurs encore exposés aux risques
Du côté des agents chargés des opérations de dépôt et de retrait, l’affluence est également visible. Mais ces derniers alertent sur les comportements à risque de certains utilisateurs.
Selon Babakry Junior Traoré, agent de service, les erreurs et les tentatives de fraude restent des préoccupations.
« Certains clients communiquent leurs informations personnelles ou ne vérifient pas suffisamment les opérations qu’ils effectuent. Il faut toujours être vigilant », conseille-t-il.
Il évoque également les conséquences des problèmes techniques.
« Quand la connexion est mauvaise, les transactions peuvent être retardées ou impossibles à effectuer », explique-t-il.
Un changement encore en construction
L’utilisation du paiement mobile traduit une évolution progressive des habitudes financières en Guinée. Pour plusieurs citoyens, ces services représentent une solution pratique pour effectuer certaines opérations sans se déplacer avec de l’argent liquide.
Mais cette transformation s’accompagne encore de défis : amélioration de la qualité du réseau, renforcement de la sécurité des utilisateurs et meilleure information sur les risques liés aux transactions numériques.
Alors que les paiements électroniques continuent de se développer, la confiance des utilisateurs dépendra aussi de la capacité des acteurs du secteur à répondre aux difficultés rencontrées au quotidien.
Salématou Keïta, Stagiaire, pour Laguinee.info





