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Vacances à Conakry : quand les enfants investissent les rues pour aider leurs familles

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Pendant les vacances scolaires, certains enfants profitent de cette période pour se lancer dans de petites activités commerciales dans les marchés et les carrefours de Conakry. Vente d’eau, de fruits, de biscuits ou de petits objets : ces activités leur permettent de contribuer aux dépenses familiales ou de répondre à leurs propres besoins. Mais derrière cette occupation temporaire se cachent aussi des risques liés à leur exposition quotidienne dans les espaces publics.

Dès les premières heures de la journée, certains carrefours et marchés de Conakry accueillent de jeunes vendeurs ambulants. Avec des sachets d’eau, des paniers de fruits ou des petits produits entre les mains, ils circulent entre les véhicules et les passants à la recherche de clients.

En cette période de vacances scolaires, plusieurs enfants âgés de 9 à 13 ans profitent de leur temps libre pour exercer de petites activités commerciales. Pour certains, il s’agit d’aider leurs parents à supporter les charges du foyer. Pour d’autres, c’est une manière de gagner un peu d’argent pour leurs besoins personnels.

Au bord d’une route très fréquentée, un jeune vendeur explique les raisons de sa présence dans la rue.

« Pendant les vacances, je viens vendre pour aider ma mère. Avec ce que je gagne, je peux acheter certaines choses dont j’ai besoin », témoigne-t-il.

Pour plusieurs parents, cette participation des enfants aux activités économiques est aussi liée aux difficultés quotidiennes. Face à la hausse du coût de la vie et aux nombreuses dépenses familiales, certains acceptent que leurs enfants les accompagnent dans leurs petits commerces pendant les congés scolaires.

Une mère rencontrée dans un marché explique : « Quand l’école reprend, l’enfant retourne en classe. Mais pendant les vacances, s’il peut nous aider un peu, cela nous soulage beaucoup« Pendant les vacances, les enfants restent souvent à la maison sans activité. Quand ils nous accompagnent pour vendre, cela leur permet d’apprendre certaines choses et de nous aider un peu. Mais il faut toujours veiller à ce que cela ne les empêche pas de se reposer ou de reprendre l’école dans de bonnes conditions ».

Une autre mère, Fatoumata Camara, partage également son expérience. Pour elle, la présence de son enfant dans le commerce pendant les vacances répond surtout à une nécessité économique.

« La vie est devenue difficile. Les charges de la famille sont nombreuses et parfois, l’aide des enfants nous soulage. Mais ce n’est pas parce qu’un enfant aide ses parents qu’il doit abandonner ses études. L’école reste sa priorité », explique-t-elle.

Cependant, la présence des enfants dans les rues n’est pas sans conséquences. Même pendant les vacances, ces derniers restent exposés aux dangers de la circulation, aux intempéries, à la fatigue et parfois aux mauvaises fréquentations.

Certains passent plusieurs heures sous la pluie ou au milieu de la circulation pour vendre leurs produits. Une situation qui interpelle sur la nécessité de mieux encadrer ces activités afin de protéger les enfants.

Cependant, les défenseurs des droits de l’enfant alertent sur les risques liés à une exposition prolongée des enfants dans les rues, même pendant les vacances. Selon eux, cette période doit rester un moment de repos, de loisirs et d’apprentissage pour les enfants.

Jacques Kamano, acteur de la protection de l’enfance explique que le travail des enfants peut avoir des conséquences sur leur développement lorsqu’il devient une obligation quotidienne.

« Les vacances ne doivent pas devenir une période où l’enfant est contraint de remplacer un adulte dans la recherche de revenus. Un enfant a besoin de protection, d’éducation, de repos et d’activités adaptées à son âge », souligne-t-il.

Pour ces défenseurs, il ne s’agit pas seulement de condamner la présence des enfants dans les rues, mais aussi de comprendre les causes qui poussent certaines familles à compter sur leurs activités.

« La question doit être traitée à la source. Lorsque les familles vivent dans des conditions difficiles, certains parents n’ont pas toujours d’autres choix. Il faut donc renforcer les mécanismes d’accompagnement social pour éviter que les enfants soient exposés aux dangers de la rue »,ajoute-t-il.

Sur le terrain, les risques restent nombreux : accidents de circulation, exposition au soleil, fatigue, violences ou mauvaises fréquentations. Dans certains cas, des enfants peuvent passer plusieurs heures loin du cadre familial et sans véritable encadrement.

Pour les acteurs de protection de l’enfance, les vacances peuvent pourtant être une opportunité pour développer des programmes éducatifs, sportifs ou de formation adaptés aux jeunes.

À Conakry, la présence des enfants dans les rues pendant les vacances révèle une réalité sociale complexe. Entre volonté d’aider la famille, recherche d’autonomie et nécessité de protection, ces jeunes vendeurs rappellent que derrière chaque petite activité commerciale se trouve souvent une histoire familiale.

Mamadou Lamarana Diallo, Stagiaire pour Laguinee.info 

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