Réunis en assemblée générale ce dimanche à Conakry, les membres de l’Union des Fonctionnaires Locaux de Guinée (UFLG) ont dressé le bilan de leur organisation et dénoncé plusieurs difficultés auxquelles ils disent être confrontés dans l’exercice de leurs fonctions. Parmi les principaux griefs figurent le non-paiement de neuf mois d’arriérés de salaires, l’insuffisance des primes de zone et leur exclusion de l’offre présidentielle des quatre échelons, rapporte Laguinee.info à travers un de ses reporters.
Un cri d’alarme devant les acteurs syndicaux
L’assemblée a connu la présence de plusieurs figures du mouvement syndical guinéen, notamment le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, ainsi qu’Alpha Gassim Barry, de la Fédération syndicale des professionnels de l’éducation (FSPE), en plus de nombreux enseignants.
Prenant la parole, le président de l’UFLG, Mohamed Fofana, a affirmé que son organisation ne pouvait plus garder le silence face aux difficultés que vivent les fonctionnaires locaux.
Neuf mois d’arriérés de salaires au cœur de la colère
L’UFLG déplore le non-respect des engagements relatifs au paiement des arriérés de salaires.
« Il était prévu que nos salaires soient rappelés à partir de janvier 2024 jusqu’à notre prise en charge. Aujourd’hui, neuf mois d’arriérés de salaire dorment dans les caisses de l’État alors que cet argent nous revient de droit. C’est une situation inacceptable qui pénalise des milliers de familles », a déclaré Mohamed Fofana.
Primes de zone : une « profonde injustice sociale »
Les fonctionnaires locaux dénoncent également le traitement réservé aux agents affectés dans les zones les plus enclavées.
« La majorité d’entre nous exerce en zone 4, dans des districts enclavés où l’accès à l’eau, à l’électricité, à Internet et aux produits de première nécessité est un véritable calvaire, sans parler de la précarité des logements mis à notre disposition », a martelé le président de l’UFLG.
Malgré ces conditions difficiles, ils perçoivent, selon lui, les mêmes primes que les enseignants affectés dans les grands centres urbains.
Poursuivant son intervention, Mohamed Fofana a indiqué que les agents des zones 4 devraient bénéficier d’une prime comprise entre 1 million et 1,3 millions de francs guinéens, alors qu’ils ne perçoivent actuellement que 600 000 à 700 000 francs guinéens.
« Cette situation constitue une profonde injustice sociale que nous ne pouvons plus accepter », a-t-il insisté.
L’offre présidentielle des quatre échelons réclamée
Autre point de mécontentement : l’exclusion des fonctionnaires des collectivités locales de l’octroi des quatre échelons annoncés par le président de la République en décembre 2024.
« Nous, fonctionnaires des collectivités locales, n’avons pas bénéficié de cette offre présidentielle. Cette exclusion est d’autant plus injuste que nous sommes des agents de l’État au même titre que nos collègues des autres administrations », a dénoncé le président de l’UFLG.
Un ultimatum avant la rentrée scolaire
À l’issue de l’assemblée générale, l’UFLG a lancé un appel au président de la République, au Premier ministre et aux ministres concernés afin d’obtenir l’application intégrale du protocole d’accord additionnel.
« Nous sollicitons respectueusement l’application intégrale du protocole d’accord additionnel, ainsi que l’extension immédiate de l’octroi des quatre échelons à tous les fonctionnaires locaux. Nous ne formulons aucune revendication nouvelle. Nous demandons simplement la réparation des injustices déjà actées », a déclaré Mohamed Fofana.
Le président de l’UFLG a toutefois averti que, si aucune solution n’est trouvée avant la prochaine rentrée scolaire, les fonctionnaires locaux « utiliseront tous les moyens légaux à leur disposition pour obtenir réparation ».
Il a précisé qu’il ne s’agissait « ni d’une menace, ni d’une défiance, mais d’un engagement solennel face aux injustices » qu’ils dénoncent.
IAC, pour Laguinee.info





