À Kissosso, dans la commune de Matoto, chaque saison des pluies ravive les inquiétudes des habitants. Dans plusieurs secteurs du quartier, les caniveaux obstrués par les déchets empêchent l’évacuation normale des eaux. Entre risques d’inondation, difficultés de déplacement et problèmes d’hygiène, les populations demandent des solutions durables.
Quelques gouttes de pluie suffisent parfois à changer le visage de certaines rues de Kissosso. Dans ce quartier de la commune de Matoto, les caniveaux, censés faciliter l’écoulement des eaux, sont envahis par des sachets plastiques, des bouteilles et d’autres déchets. Lorsque les averses deviennent importantes, l’eau peine à circuler et finit par stagner dans plusieurs endroits.
Pour les habitants, cette situation n’est pas nouvelle. Chaque année, pendant la saison des pluies, la même inquiétude revient : voir les eaux remonter vers les habitations et compliquer les déplacements.

Devant sa concession, Mariam Bah montre un caniveau rempli de déchets. Pour elle, l’obstruction de ces ouvrages représente un danger permanent pour les familles riveraines.
« Quand la pluie tombe beaucoup, l’eau monte rapidement parce que le caniveau est bouché. Nous avons peur que l’eau entre dans nos maisons », témoigne-t-elle.
Selon plusieurs habitants, les déchets jetés dans les caniveaux figurent parmi les principales causes de cette situation. Ils dénoncent également le manque d’entretien régulier des ouvrages d’assainissement, qui favorise l’accumulation des ordures.
Cette réalité touche aussi les activités commerciales du quartier. Dans certaines zones, les eaux stagnantes et la boue rendent l’accès aux boutiques difficile, notamment après de fortes pluies.
Ibrahim Barry, boutiquier à Kissosso, explique l’impact sur son activité :
« Quand il pleut, les clients ont du mal à passer devant nos boutiques. L’eau et la boue compliquent notre travail », affirme-t-il.

Les conducteurs de taxi-motos sont également confrontés à ces difficultés. Entre flaques d’eau, routes glissantes et caniveaux débordés, certains trajets deviennent plus risqués.
« Nous sommes obligés de ralentir pour éviter les accidents. Certains endroits deviennent difficiles à traverser quand il pleut », confie un conducteur de taxi-moto.

Face à cette situation, les habitants appellent à un renforcement des opérations de nettoyage et de curage des caniveaux. Ils invitent également les populations à adopter de meilleurs comportements en évitant de transformer les ouvrages d’assainissement en dépotoirs.

À Kissosso, chaque pluie rappelle la vulnérabilité des habitants face aux problèmes d’assainissement. En attendant des solutions durables, les populations continuent de vivre avec la crainte des eaux stagnantes et des conséquences qu’elles peuvent entraîner.
Mamadou Oury Diallo et Mamadou Lamarana Diallo, stagiaires pour Laguinee.info.





