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Viol collectif présumé à Mandiana : entre aveux, témoignage glaçant et réquisitions, le procès de Moussa Condé entre dans sa phase décisive

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Le procès du présumé viol collectif de Djoma-Balandougou, dans la préfecture de Mandiana, a connu ce jeudi 30 juillet 2026 une journée intense devant le Tribunal criminel. À la barre, Moussa Condé a reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés tout en niant avoir diffusé la vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. La victime présumée, Fadima Camara, 13 ans, a également livré un témoignage poignant à huis clos. À l’issue des débats, le ministère public a requis 20 ans de réclusion criminelle contre le prévenu, tandis que la défense a plaidé la clémence.

Très attendu, le procès de cette affaire qui avait provoqué une vive émotion en Guinée s’est poursuivi avec l’audition des différentes parties. La juridiction a d’abord recueilli le témoignage de Fadima Camara à huis clos, en raison de son âge et de la nature sensible des faits.

Devant le tribunal, la jeune fille a raconté les circonstances dans lesquelles les faits se seraient déroulés.

« Je leur avais demandé de m’apprendre à conduire une moto. Nous étions au terrain. Après quelque temps, ils m’ont emmenée en brousse et m’ont violée. Kallou et Moussa m’ont violée chacun à leur tour », a-t-elle déclaré.

Poursuivant son récit, elle a expliqué avoir été conduite dans un endroit isolé:

« Ils m’ont emmenée loin de la ville. Même si je criais, personne ne pouvait m’entendre. Nous étions en train de rouler lorsqu’ils ont pris une autre route », a-t-elle affirmé.

La jeune fille a également évoqué les conséquences psychologiques et physiques qu’elle dit avoir subies après les faits présumés.

« Après ce qui m’est arrivé, lorsque je suis rentrée à la maison, j’avais le corps froid. J’avais des maux de tête… », a-t-elle confié.

Elle a expliqué ne pas avoir immédiatement parlé à ses parents en raison des menaces qu’elle aurait reçues.

« Je n’en ai pas parlé à mes parents. Ils m’ont dit que si j’en parlais à quelqu’un, ils me tueraient », a-t-elle déclaré à la barre.

Moussa Condé reconnaît les faits mais nie la diffusion de la vidéo

À son tour, Moussa Condé a livré sa version devant le tribunal. Le prévenu a reconnu avoir participé aux faits poursuivis, tout en rejetant toute responsabilité dans la diffusion de la vidéo qui avait largement circulé sur les réseaux sociaux.

Selon lui, les faits auraient commencé après une partie de football entre jeunes du village.

« Nous jouions au ballon lorsque Kallou et Fadima sont venus me demander de les accompagner avec une moto. Il était question de lui apprendre à conduire. Sur le chemin du retour, Kallou a quitté la route pour se rendre dans la brousse. Je lui ai demandé pourquoi il allait là-bas. Il m’a dit de ne pas m’en mêler. Ensuite, il a déclaré à Fadima qu’elle ne repartirait qu’après avoir eu une relation sexuelle avec lui. Puis il m’a remis son téléphone pour que je filme la scène », a-t-il expliqué.

Le prévenu affirme ensuite que son coaccusé lui aurait demandé de participer à son tour.

« Après avoir filmé, il m’a demandé de toucher Fadima et je l’ai fait. Je lui ai demandé d’effacer la vidéo, mais il ne l’a jamais fait. Je ne sais pas qui l’a publiée. La vidéo était dans son téléphone », a-t-il soutenu.

Moussa Condé a également affirmé avoir agi sous la pression de son coaccusé.

« Je ne voulais pas toucher Fadima, mais il m’a forcé. Elle m’a demandé de ne pas le faire. Je reconnais que ce que nous avons fait est grave. Je demande pardon », a-t-il déclaré.

Le parquet requiert 20 ans de réclusion criminelle

Après les auditions, le ministère public a estimé que la gravité des faits nécessitait une sanction exemplaire.

Dans ses réquisitions, le procureur de la République, Abdoulaye Soumah, a déclaré que les faits de viol, d’enregistrement d’images impliquant une mineure et leur diffusion constituent des actes particulièrement graves.

« Les faits de viol, d’enregistrement d’images d’autrui et de leur publication ne méritent qu’une peine de nature à rassurer la société, de nature à empêcher le renouvellement d’une telle infraction, cette infraction si ignoble qui a touché pratiquement le monde entier », a-t-il déclaré.

Le parquet a requis contre Moussa Condé une peine de 20 ans de réclusion criminelle, assortie d’une amende d’un milliard de francs guinéens ainsi que des frais et dépens.

La défense plaide la clémence

De son côté, Me Ibrahima Khalil Kanté, avocat de la défense, a demandé au tribunal de tenir compte de l’âge de son client, âgé de 19 ans.

« C’est un jeune qui n’a pas encore atteint la vingtaine. Il a 19 ans. Que peut-il devenir ? La justice de notre pays n’est pas là pour se venger. Elle est là pour enseigner, éduquer et corriger », a plaidé l’avocat.

Selon lui, la décision du tribunal doit également avoir une dimension éducative.

« Votre rôle, M. le Président, est d’éduquer, d’enseigner, de protéger et de corriger », a-t-il déclaré.

L’avocat a également demandé pardon au nom de son client.

« Nous demandons pardon à Mme Fadima Kamara, à sa famille, à toute la communauté féminine de Mandiana, de Guinée et du monde. Ce qui s’est passé n’est pas acceptable », a-t-il conclu.

À l’issue des débats, le Tribunal criminel de Mandiana a mis l’affaire en délibéré. La décision devra permettre d’établir les responsabilités pénales des personnes poursuivies, après examen de l’ensemble des témoignages et éléments du dossier.

 

Mamadou Camara, pour Laguinee.info 

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