À la décharge de Dar-es-Salam, à Conakry, certains jeunes tentent de gagner leur vie au milieu des déchets. Parmi eux, Amadou Tidiane, 19 ans, parcourt chaque jour les montagnes d’ordures à la recherche de bouteilles de jus en plastique. Une activité difficile, exercée sans protection, qui lui permet de subvenir à ses besoins tout en nourrissant le rêve de trouver un autre métier.

Dès les premières heures de la matinée, Amadou Tidiane prend la direction de la décharge de Dar-es-Salam. Dans ce vaste espace où s’entassent les déchets de la capitale, il avance lentement, les yeux fixés au sol. Ses mains, sa tenue de travail couverte de boue et ses deux grands sacs posés sur la poussière racontent déjà la réalité de son quotidien.
L’un de ses sacs est déjà rempli. Le second attend encore d’être complété. Pour Amadou Tidiane, chaque bouteille récupérée représente une petite valeur. Ici, la décharge est devenue son lieu de travail, mais aussi son moyen de survie.

À 19 ans, le jeune homme n’a pas choisi cet endroit par passion. Il y vient parce qu’il doit trouver de quoi vivre.
« Je n’ai pas eu la chance de poursuivre mes études. Je suis venu ici pour ramasser les bouteilles parce que je n’aime pas rester sans rien faire », explique-t-il.
À la recherche des bouteilles recyclables
Dans la décharge, Amadou Tidiane ne ramasse pas tous les déchets. Son attention est concentrée sur les bouteilles de jus en plastique. À chaque fois qu’il en aperçoit une, il la récupère, la secoue pour vérifier son état puis la dépose dans son sac.

Le geste se répète pendant plusieurs heures. Une bouteille après l’autre, le sac se remplit progressivement.
« Quand je ramasse seulement quelques bouteilles, cela ne rapporte presque rien. Il faut remplir un sac avant de pouvoir le vendre », raconte-t-il.
Contrairement à un salarié qui attend la fin du mois pour percevoir un revenu, Amadou Tidiane dépend directement de sa collecte quotidienne. Lorsque ses sacs sont remplis, il les transporte pour les peser et obtenir une rémunération.
Avec cet argent, il assure ses dépenses quotidiennes et tente également de mettre une petite somme de côté.
Un travail difficile et exposé aux risques
À Dar-es-Salam, la récupération des déchets est une activité éprouvante. En cette saison des pluies, la boue, les eaux stagnantes et les déchets mélangés rendent le travail encore plus difficile.
Sans gants, sans bottes ni équipement de protection, Amadou Tidiane est exposé aux risques liés à cet environnement : blessures, objets dangereux ou maladies.
Malgré ces difficultés, il continue: « Ce travail n’est pas facile, mais je préfère chercher ma vie ici plutôt que de rester sans activité », affirme-t-il.
Le rêve de quitter la décharge
Derrière cette activité pénible se cache un jeune homme qui nourrit de grandes ambitions. Amadou Tidiane ne souhaite pas passer toute sa vie dans cette décharge.
Son rêve est simple : disposer d’un petit commerce et construire un avenir plus stable.
« Mon rêve est d’avoir un petit conteneur pour vendre et ne plus avoir besoin de revenir ici », confie-t-il.
À travers son activité, il participe également à la récupération de matériaux qui peuvent être recyclés. Les bouteilles collectées sont ensuite revendues et orientées vers d’autres usages.
Chaque jour, Amadou Tidiane retourne pourtant au même endroit. Au milieu des déchets, il cherche les bouteilles qui lui permettront de gagner quelques revenus. Chaque sac rempli représente pour lui une journée de travail, un moyen de tenir debout et l’espoir de quitter un jour la décharge de Dar-es-Salam pour une nouvelle vie.
Mamadou Lamarana Diallo et Naby Moussa, Stagiaires, pour Laguinee.info





