À chaque saison des pluies, la route reliant la Transversale T6 à Entag se transforme en un véritable casse-tête pour les automobilistes, les conducteurs de taxis-motos et leurs passagers. Chaussée dégradée, flaques d’eau, embouteillages et circulation des poids lourds compliquent les déplacements sur cet axe très fréquenté de Conakry. Entre pertes de temps, risques d’accidents et détérioration des véhicules, les usagers lancent un appel pour une réhabilitation rapide de la route.

Le grondement des camions couvre par moments le bruit des klaxons. À chaque passage d’un poids lourd, un nuage de poussière ou des éclaboussures de boue enveloppent les motocyclistes qui tentent de se frayer un passage. Sur la route reliant la Transversale T6 à Entag, circuler relève désormais de l’épreuve. Les conducteurs ralentissent brusquement devant les nids-de-poule, contournent les flaques d’eau et cherchent, tant bien que mal, une trajectoire moins risquée.

Sous un ciel chargé de nuages, les embouteillages s’étirent sur plusieurs centaines de mètres. Des passagers descendent parfois des motos pour permettre aux conducteurs de franchir les portions les plus dégradées. D’autres préfèrent poursuivre le trajet à pied plutôt que de s’exposer à une chute.

Casque sur la tête, Julien Pkogomou vient de déposer un client. Avant de reprendre la route, il désigne du regard les crevasses qui défigurent la chaussée.
« Aujourd’hui, pour rejoindre la T6, il faut faire des détours, se faufiler entre les camions et parfois demander aux passagers de descendre pour pouvoir traverser certaines parties de la route », explique-t-il.

Selon lui, le passage régulier des gros porteurs a accéléré la dégradation de cette voie, devenue de plus en plus difficile à emprunter.
Quelques mètres plus loin, Michel Pkoghomou, membre du syndicat des taxis-motos, partage le même constat. Pour lui, chaque journée de travail s’accompagne de nouveaux risques, particulièrement pendant l’hivernage.

Il raconte avoir déjà chuté avec un passager en traversant les rails, surpris par une portion glissante de la chaussée. Il évoque également les motos qui patinent dans la boue, les camions qui reculent difficilement et les nombreuses frayeurs vécues par les usagers.
« Nous demandons aux autorités de nous venir en aide, car c’est grâce à cette activité que nous faisons vivre nos familles », lance-t-il.
Les conséquences ne touchent pas uniquement les conducteurs de motos. Les chauffeurs de taxi font eux aussi face aux mêmes difficultés.

Au volant de son véhicule, Ousmane Diallo explique qu’il évite désormais certains tronçons afin de préserver sa voiture.
« Cette route est dégradée depuis longtemps. Pour éviter les embouteillages et limiter les pannes, beaucoup de chauffeurs passent par d’autres itinéraires. Pourtant, cette route est empruntée par tout le monde, y compris les autorités. Il est temps que les travaux avancent rapidement », plaide-t-il.
Au fil des heures, la circulation reste dense. Les véhicules avancent au ralenti, tandis que les motocyclistes poursuivent leur slalom entre les camions et les flaques d’eau. Chaque passage exige de la prudence, de la patience et parfois une bonne dose de courage.

En attendant la réhabilitation complète de cet axe stratégique, les usagers continuent de composer avec une route devenue l’une des plus éprouvantes de cette partie de Conakry. Chaque trajet rappelle que derrière les embouteillages et les nids-de-poule se cache une réalité quotidienne faite de pertes de temps, de dépenses supplémentaires et d’un risque permanent d’accident.
Mohamed Sylla et Naby Moussa Camara, Stagiaires, pour Laguinee.info





