À chaque saison des pluies, les structures sanitaires enregistrent une hausse des consultations liées au paludisme et aux maladies diarrhéiques. À Coyah, le Dr Ansoumane Leno, médecin généraliste, explique les causes de cette recrudescence, les personnes les plus exposées, les signes d’alerte et les mesures de prévention à adopter pour limiter les risques. Les pluies rythment désormais le quotidien des habitants de Coyah. Dans plusieurs quartiers, les eaux stagnantes, les caniveaux encombrés et les dépôts d’ordures rappellent les défis sanitaires qu’impose chaque hivernage. Dans les centres de santé, cette réalité se traduit par une augmentation des consultations pour le paludisme et les maladies diarrhéiques. Médecin généraliste, le Dr Ansoumane Leno appelle les populations à redoubler de vigilance face à ces maladies qui refont surface chaque année.
Laguinee.info : Docteur, pouvez-vous expliquer brièvement ce que sont le paludisme et les maladies diarrhéiques ?
Dr Ansoumane Leno : Le paludisme est une maladie parasitaire causée par le Plasmodium et transmise à l’homme par la piqûre d’un moustique anophèle femelle infecté. La diarrhée, quant à elle, se caractérise par l’émission fréquente de selles liquides, généralement plus de trois fois par jour. Elle est le plus souvent provoquée par des bactéries, des virus ou des parasites.
Chaque année, la saison des pluies s’accompagne d’une hausse des cas de paludisme et de maladies diarrhéiques. Comment expliquez-vous cette recrudescence pendant l’hivernage ?
L’hivernage représente un véritable défi sanitaire, notamment dans les pays en développement. Depuis le début de cette saison des pluies, nous recevons de nombreux patients souffrant du paludisme et de maladies diarrhéiques dans notre centre. Les cas augmentent de jour en jour.Cette recrudescence est principalement liée au manque d’hygiène.
Quels sont les principaux facteurs qui favorisent la propagation de ces maladies en cette période ?
Les eaux stagnantes, les dépôts d’ordures à proximité des habitations, les poubelles mal entretenues ainsi que le mauvais état des toilettes favorisent la prolifération des moustiques et des germes responsables de ces maladies. Cette situation représente un risque important pour toute la communauté.
Quelles sont les catégories de personnes les plus exposées ou les plus vulnérables ?
Les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées restent les plus vulnérables. Les enfants sont particulièrement exposés, parfois en raison d’un manque de surveillance ou d’un environnement insalubre. Plus les facteurs de risque sont présents dans une communauté, plus la population est menacée.
Quels sont les principaux signes d’alerte qui doivent amener une personne à consulter rapidement un professionnel de santé ?
Une forte fièvre, des frissons, des maux de tête persistants, des vomissements ou encore une diarrhée répétée doivent conduire rapidement dans une structure sanitaire. Chez les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées, une prise en charge précoce permet d’éviter les complications.
Quelles mesures de prévention recommandez-vous pour réduire les risques de paludisme et de maladies diarrhéiques pendant l’hivernage ?
La prévention commence au sein des familles et de la communauté. Il est important d’assainir les concessions, d’éliminer les eaux stagnantes, de curer les caniveaux, de bien gérer les ordures ménagères, de dormir sous des moustiquaires imprégnées, de se laver régulièrement les mains et de consommer de l’eau potable.
Quel rôle les familles et les communautés peuvent-elles jouer dans cette prévention ?
J’invite les populations à assainir leur environnement, à éviter les eaux stagnantes autour des habitations, à maintenir les concessions propres et à consulter rapidement un centre de santé dès l’apparition des premiers symptômes. La prévention reste le meilleur moyen de protéger les familles pendant cette période de fortes pluies.
Pour conclure, quel message souhaitez-vous adresser à la population afin de mieux se protéger durant cette saison des pluies ?
J’appelle chacun à adopter des gestes simples mais essentiels : maintenir un environnement propre, éliminer les eaux stagnantes, utiliser systématiquement une moustiquaire imprégnée, boire de l’eau potable et consulter rapidement un professionnel de santé en cas de symptômes. C’est en adoptant ces réflexes que nous pourrons réduire les cas de paludisme et de maladies diarrhéiques durant cette saison.
Interview réalisée par:
Salématou Keïta et Sékouba Léno, stagiaire pour Laguinee.info





