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Baccalauréat 2026: le  jour où l’écran a dit « Désolé » à Moussa Camara 

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Ce 23 juillet à Conakry, l’annonce des résultats du baccalauréat unique 2026 a laissé des milliers de candidats partagés entre joie et déception. Si certains ont célébré leur admission, d’autres se préparent déjà à la session de rattrapage. C’est le cas de Camara Moussa, élève en Terminale Sciences mathématiques au lycée Ahmed Sékou Touré. Reportage auprès d’un jeune candidat qui transforme peu à peu sa déception en détermination.

Ce matin-là, Camara Moussa n’a pas quitté son téléphone des yeux. Enfermé dans sa chambre, il actualise sans relâche la page du ministère de l’Éducation pré-universitaire. Le candidat en Terminale Sciences Mathématiques, au lycée Ahmed Sékou Touré, sait que dans quelques minutes, tout un semestre de révisions va se résumer à un mot : admis ou pas.

Il y a cru jusqu’au bout. « Je me suis bien planifié avant le bac. Je suivais des cours de révision dans plusieurs groupes et je révisais chaque jour », raconte-t-il. Une discipline qui, pensait-il, ne pouvait que payer. « Quel que soit le pourcentage publié par l’État, j’étais persuadé que mon nom serait sur la liste », confiait-il encore la veille des résultats.

Le taux national de réussite tombe en premier : 38,08 %. Puis un camarade, dans le même groupe WhatsApp, annonce sa propre admission, un mot de joie qui résonne comme un compte à rebours. Moussa vérifie le résultat d’un ami, puis le sien. L’écran affiche : « Désolé. » Le même mot, deux fois. « Ma première réaction a été une frustration, un désespoir total », se souvient-il, la voix encore marquée.

Chez lui, les réactions se bousculent. Les parents expriment leur déception, tandis que les proches cherchent déjà les mots pour le réconforter. Lui préfère se raccrocher à une certitude plus ancienne que l’échec du jour. « Je me suis dit que tout ce que Dieu fait est bon.»

Puis vient le détail qui change tout. Sur les trois matières concernées, mathématiques, anglais et français, il ne devra repasser que les mathématiques. Un rattrapage, pas un recommencement. De quoi transformer la sidération des premières heures en un plan d’action. Il a changé de méthode : moins d’exercices en quantité, davantage de sujets d’annales et un travail prioritaire sur les chapitres essentiels. Des enseignants, touchés par sa détermination, l’ont même contacté pour organiser des séances de soutien.

Aujourd’hui, un seul mot occupe ses pensées : réussir. Après, il voit plus loin, vers le projet Simandou et une carrière au service de son pays. « Mon objectif principal est de travailler dans mon pays et de l’honorer », affirme-t-il, avec une conviction que l’échec n’a pas entamée.

À ceux qui ont réussi, il adresse ses félicitations. À ceux qui, comme lui, ont vu s’afficher le mot « Désolé », il tend une main. « Prenez courage. L’échec n’est pas la fin de la vie. Il faut toujours se relever et fournir encore plus d’efforts. »

Dans quelques semaines, Camara Moussa retournera devant un écran. Cette fois, il espère n’y lire qu’un seul mot.

Mamadou Oury Diallo et  Salématou Keïta stagiaires, pour Laguinee.info 

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