À Yattayah, dans la commune de Sonfonia, la collecte des ordures est devenue un véritable parcours du combattant pour les agents chargés de débarrasser les ménages de leurs déchets. Chaque jour, au guidon de leurs motos tricycles ou motos de collecte, ils sillonnent les ruelles du quartier pour récupérer les poubelles des habitants. Mais une fois leurs engins remplis, un obstacle majeur se dresse sur leur chemin : l’absence d’un nombre suffisant de conteneurs pour évacuer les déchets.

Dans cette zone, un seul conteneur sert de point de dépôt pour plusieurs équipes de collecte. Une situation qui ralentit considérablement le travail des éboueurs et favorise l’accumulation des ordures.
Sous un ciel parfois couvert, parfois marqué par la chaleur de la journée, les agents poursuivent pourtant leur mission. Les motos chargées de sacs d’ordures attendent leur tour devant le point de dépôt. Certains travailleurs doivent patienter plusieurs heures avant de pouvoir vider leur chargement.

Sayon Sylla, éboueur à Yattayah, décrit un quotidien devenu difficile.
« Nous faisons un travail très fatigant. Il n’y a qu’un seul conteneur. Avec cela, nous ne pouvons faire qu’un seul voyage par jour. Parfois, nous sommes obligés de garder les ordures sur nos motos pendant trois jours avant de pouvoir les vider. Ces conditions ne nous permettent pas de travailler correctement ni d’augmenter nos revenus », explique-t-il.
Pour ces agents, le problème ne se limite pas seulement à la quantité de déchets collectés. Le manque d’espace pour déposer rapidement les ordures entraîne des retards dans leurs tournées. Pendant ce temps, les sacs s’accumulent sur les motos et les habitants doivent parfois attendre plus longtemps avant le passage des collecteurs.

Au niveau du dépôt, le responsable confirme les difficultés rencontrées par les équipes sur le terrain.
« Les agents partent dans les quartiers avec leurs motos. Certaines petites et moyennes entreprises disposent de trois ou quatre motos. Lorsqu’ils reviennent, ils doivent attendre parce qu’il n’y a pas suffisamment d’espace pour déverser les déchets. Les camions n’arrivent pas toujours à temps et il arrive aussi qu’ils tombent en panne », explique-t-il.
Face à cette situation, les éboueurs lancent un appel aux autorités afin d’améliorer leurs conditions de travail.
« Nous souffrons beaucoup. Nous demandons à l’État de nous aider en installant davantage de conteneurs. Cela nous permettra de déposer rapidement les ordures et de mieux faire notre travail », plaide Sayon Sylla.

Pour ces travailleurs, la collecte des déchets représente bien plus qu’un simple service d’assainissement. C’est leur principale source de revenus et un moyen de faire vivre leurs familles.
À Yattayah, derrière chaque moto chargée de sacs d’ordures se cache le combat quotidien d’hommes qui tentent de maintenir la ville propre, malgré des moyens jugés insuffisants. En attendant une réponse à leur appel, les éboueurs continuent leurs tournées, entre fatigue, attente et espoir d’un meilleur dispositif de collecte.
Mamadou Lamarana Diallo et Mamadou Oury Diallo, stagiaires pour Laguinee.info





