spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

Kouria : dans la poussière du ciment, Boubacar Barry construit son quotidien depuis 1992

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

À Kouria, dans le secteur de Wouroundou, le bruit des moules et le mélange du ciment rythment le quotidien de plusieurs artisans. Dans une localité où les constructions se développent, la fabrication de briques en ciment représente une source de revenus pour de nombreux travailleurs. Depuis 1992, Boubacar Barry exerce ce métier manuel pour subvenir aux besoins de sa famille.

Boubacar Barry, artisan briquetier depuis 1992 à Kouria, dans le secteur de Wouroundou. © Ramatoulaye Yacine Baldé, stagiaire, 23 juillet 2026

Le soleil est déjà haut dans le ciel. La chaleur se fait sentir. Dans un coin de Wouroundou, à Kouria, Boubacar Barry s’active autour de ses outils. Ses mains plongent dans le mélange de sable, de ciment et d’eau. À côté de lui, des briques fraîchement moulées sont alignées les unes à côté des autres, en attente de durcir.

Le geste est devenu presque automatique. Il prend la matière, remplit le moule, tasse soigneusement, puis démoule. Une opération répétée plusieurs fois dans la journée. Depuis 1992, cet homme d’une cinquantaine d’années vit au rythme de cette activité.

« Faire des briques me permet de prendre soin de ma famille. C’est grâce à cette activité que j’arrive à assurer les dépenses quotidiennes et la scolarité de mes enfants », explique-t-il.

Des briques en ciment fabriquées pour approvisionner les chantiers de construction à Kouria. © Ramatoulaye Yacine Baldé, stagiaire, 23 juillet 2026

Un métier appris dans l’effort

Dans cet espace de travail, chaque outil a son importance. Le ciment, le sable et les moules sont les principaux compagnons de l’artisan. Ici, pas de machine industrielle : la fabrication repose essentiellement sur la force physique et l’expérience.

Boubacar Barry confectionne des briques en ciment pour des clients qui réalisent des travaux de construction. Il est payé selon la quantité produite. Au début de son activité, il recevait 1 500 francs guinéens par brique. Aujourd’hui, selon ses explications, la rémunération est passée à 3 000 francs guinéens par brique.

Mais derrière chaque brique se cache un travail exigeant. Il faut préparer les matériaux, supporter le poids des charges et maintenir un rythme régulier pour répondre aux commandes.

Entre soleil, pluie et contraintes du métier

Le métier de briquetier ne se pratique pas toujours dans des conditions faciles. Pendant la saison sèche, la chaleur ralentit les efforts et rend les journées difficiles. Durant l’hivernage, les pluies perturbent également l’activité.

« C’est un peu difficile. En saison sèche, le soleil est très fort. Pendant la saison des pluies, cela peut aussi empêcher de travailler. Mais comme c’est dans cette activité que je gagne ma vie, je continue », témoigne Boubacar Barry.

Malgré ces contraintes, il reste attaché à son travail. Pour lui, ce métier représente une source de dignité et un moyen d’assumer ses responsabilités.

Une fierté malgré les difficultés

Après plus de trente ans passés à fabriquer des briques en ciment, Boubacar Barry regarde son parcours avec satisfaction. Chaque construction qui sort de terre rappelle aussi le travail de ces artisans souvent peu visibles.

« Je suis fier de cette activité parce que c’est grâce à elle que je gagne ma vie. Je suis marié et père de famille, et ma famille et moi vivons dignement grâce à cette source de revenus », confie-t-il.

À Kouria, dans le secteur de Wouroundou, la briqueterie reste une activité essentielle pour plusieurs familles. Entre la poussière du ciment, les efforts physiques et les commandes des clients, des artisans comme Boubacar Barry continuent de bâtir leur avenir, une brique après l’autre.

Ramatoulaye Yacine Baldé, stagiaire pour Laguinee.info

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS