Face à la multiplication des cas d’effondrement d’immeubles en Guinée, l’ingénieur en génie civil Souleymane Keïta appelle à renforcer le contrôle dans le secteur de la construction. Pour lui, la prévention des drames passe par un meilleur encadrement des chantiers et l’application stricte des normes en vigueur.
Interrogé sur les solutions à mettre en œuvre pour limiter les risques d’effondrement, l’ingénieur formule trois principales propositions : le respect obligatoire des permis de construire, l’identification des ingénieurs qualifiés et la création de brigades de surveillance des chantiers.
Le respect des permis de construire
Pour Souleymane Keïta, le permis de construire constitue une étape essentielle avant le lancement de tout projet immobilier.
« Toute construction, toute rénovation ou toute extension doit obligatoirement disposer d’un permis de construire. Tant que ce document n’est pas délivré, les travaux ne doivent pas commencer », affirme-t-il.
Selon lui, ce document permet aux autorités compétentes de vérifier la conformité du projet avant le début des travaux et de s’assurer du respect des exigences techniques.
Un meilleur encadrement des ingénieurs
L’ingénieur estime également nécessaire de renforcer l’organisation de la profession. Il invite l’Ordre national des ingénieurs à jouer un rôle plus important dans l’identification des professionnels habilités à intervenir sur les chantiers.
« Il faut identifier les ingénieurs qualifiés, savoir qui est habilité à exercer et qui peut légalement assurer le suivi des chantiers », explique-t-il.
Pour lui, cette démarche permettrait de mieux contrôler la qualité des interventions et d’éviter que des personnes non qualifiées participent à des travaux nécessitant une expertise technique.
La création de brigades de surveillance
Troisième proposition avancée par Souleymane Keïta : la mise en place d’équipes spécialisées chargées d’effectuer des contrôles réguliers sur les chantiers.
L’ingénieur cite notamment les expériences du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, où des brigades effectuent des inspections pour vérifier le respect des normes de construction.
« Lorsqu’un chantier ne respecte pas les règles, les travaux sont arrêtés et les responsables sont interpellés », souligne-t-il.
Pour Souleymane Keïta, l’application rigoureuse de ces mesures pourrait contribuer à améliorer la sécurité des bâtiments et à réduire les risques d’effondrement en Guinée.
Ces propositions interviennent dans un contexte marqué par plusieurs drames liés à l’effondrement d’immeubles dans le pays, relançant le débat sur le contrôle des constructions, le respect des normes techniques et la responsabilité des différents acteurs du secteur.
IAC, pour Laguinee.info





