La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a requis, ce vendredi 3 juillet 2026, une peine de dix (10) ans d’emprisonnement et une amende de 20 milliards de francs guinéens contre Ibrahima Kalil Bayo, cadre à la Direction générale des impôts, poursuivi pour des faits présumés d’infractions économiques et financières.
Selon le ministère public, le prévenu est poursuivi pour détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité. À l’audience, le substitut du procureur spécial, Pierre Segbé Kamano, a également sollicité la confiscation de l’ensemble des biens identifiés du prévenu, ainsi que l’accueil des demandes formulées par la partie civile.
L’État guinéen, constitué partie civile, a demandé la condamnation du prévenu au paiement de 3 milliards de francs guinéens à titre de dommages-intérêts. Il a également requis la confiscation des biens au profit du Trésor public.
La défense a rejeté l’ensemble des accusations, plaidant la relaxe pure et simple. L’avocat du prévenu a soutenu que les éléments constitutifs du délit de détournement de deniers publics ne sont pas réunis, affirmant que son client n’a jamais occupé de fonction impliquant la gestion de fonds publics depuis son intégration à la fonction publique en 2003.
« Depuis 2003, mon client est à la fonction publique. De cette époque à aujourd’hui, il n’a occupé aucune fonction de nature à gérer des fonds publics. Mieux, aucune preuve n’a été rapportée établissant qu’il a détourné des deniers publics », a-t-il déclaré. Il a également invoqué le principe de non-rétroactivité de la loi.
Ces arguments ont été contestés par le ministère public et l’Agent judiciaire de l’État. Le parquet a estimé que certaines acquisitions récentes du prévenu constitueraient des éléments matériels en lien avec les faits reprochés. « Les parcelles acquises en 2025 font actuellement l’objet de réalisations. Les faits sont donc récents », a soutenu le substitut du procureur spécial.
De son côté, la partie civile a souligné l’écart entre les revenus déclarés et le patrimoine du prévenu. « Son salaire depuis son intégration à la fonction publique ne peut pas permettre la construction d’un immeuble R+1 », a indiqué son conseil, estimant qu’il appartient au prévenu de justifier l’origine licite de ses biens.
Après les débats, la Cour a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 10 juillet 2026.
Laguinee.info





