La Fédération syndicale autonome des télécommunications (FESATEL) a vivement critiqué, ce jeudi 21 mai 2026, l’Agence de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT), qu’elle accuse d’être à l’origine des difficultés que connaît le secteur des télécommunications en Guinée.
Les déclarations ont été faites à l’occasion d’une réunion syndicale tenue à la Bourse du Travail, en présence de plusieurs acteurs du mouvement syndical guinéen.
Prenant la parole, le secrétaire général de la FESATEL, Abdoulaye Barry, a dénoncé la mauvaise qualité des services de télécommunication, notamment les perturbations liées à l’internet et aux appels téléphoniques.
« Aucun réseau ne fonctionne »
Dans une déclaration particulièrement critique, le syndicaliste a affirmé qu’aucun opérateur ne fournirait actuellement un service satisfaisant en Guinée.
« Aucun réseau, je le dis bien, ne fonctionne en Guinée. C’est la faute de l’ARPT, c’est ça la vérité », a déclaré Abdoulaye Barry.
Selon lui, les difficultés du secteur seraient liées au refus de certaines évolutions techniques, notamment le FTTH (Fiber To The Home), une technologie permettant l’accès à la fibre optique jusqu’au domicile des utilisateurs.
Le responsable syndical estime que cette situation crée une saturation des infrastructures existantes.
« Quand on refuse le FTTH, cela signifie que tout le monde doit utiliser la même route pour venir en ville », a-t-il expliqué.
Un parallèle avec les infrastructures routières
Pour illustrer ses propos, Abdoulaye Barry a établi une comparaison avec les travaux routiers engagés par les autorités guinéennes.
« Le Président Mamadi Doumbouya a ouvert beaucoup de routes, il y a moins d’embouteillages aujourd’hui en Guinée. Pourquoi l’ARPT ne peut pas permettre aux sous-traitants d’avoir plusieurs “routes” pour se connecter et passer les appels ? », s’est-il interrogé.
Selon lui, le fait que les communications téléphoniques et les connexions internet reposent sur les mêmes infrastructures expliquerait en partie les dysfonctionnements observés.
Des soupçons de conflits d’intérêts
Le secrétaire général de la FESATEL a également évoqué de possibles conflits d’intérêts dans le secteur des télécommunications.
Il estime qu’il serait incompatible d’exercer des responsabilités au sein du ministère des Télécommunications et de l’Économie numérique tout en intervenant dans le marché des télécoms.
« Nous allons mener des investigations. S’il existe des conflits d’intérêts, nous demanderons le départ des concernés du secteur des postes et télécommunications. Tu ne peux pas être décideur et acteur du marché en même temps », a-t-il averti.
Appel aux autorités
Dans le même élan, Abdoulaye Barry a appelé le Président de la République et le Chef du gouvernement à veiller au bon fonctionnement de l’ARPT afin de permettre, selon lui, une amélioration du secteur.
Le syndicaliste a enfin exhorté le ministre en charge des Télécommunications et de l’Économie numérique à « assumer pleinement ses responsabilités » face aux difficultés rencontrées par les usagers.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par de nombreuses plaintes d’abonnés concernant la qualité du réseau téléphonique et de la connexion internet dans plusieurs localités du pays.
Laguinee.info





