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Contractuels de l’État: en poste depuis dix ans, ils dénoncent précarité et réclament intégration à la fonction publique

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La voix des contractuels temporaires de l’administration publique s’est une nouvelle fois fait entendre ce lundi à Conakry. Le Collectif des Contractuels Temporaires de Guinée (CCTG) a dénoncé une situation qu’il qualifie de durablement précaire, entre absence de statut, salaires jugés insuffisants et promesses de régularisation qui tardent à se concrétiser.

Près de 2 900 agents dans une zone grise administrative

Selon le Collectif des Contractuels Temporaires de Guinée (CCTG), 2 869 agents sont concernés à travers plusieurs départements ministériels et institutions publiques. Ces travailleurs affirment occuper des postes essentiels au fonctionnement quotidien de l’administration, sans bénéficier d’une intégration définitive.

Dans leur déclaration, ils ont tenu à rappeler la réalité de leur engagement sur le terrain :

« Depuis plusieurs années, nous assurons des tâches essentielles au sein des administrations publiques avec professionnalisme, loyauté et sens du devoir, souvent dans des conditions particulièrement difficiles », a affirmé le porte-parole Massa Kaba.

Des années de service sans sortie de l’incertitude

Le point de crispation reste le statut administratif. Plusieurs agents disent enchaîner les années de service sans perspective claire d’intégration.

« Certains agents exercent depuis cinq à quinze ans sans avoir obtenu de statut administratif définitif », a souligné Massa Kaba, mettant en lumière une situation qui, pour les concernés, s’installe dans la durée sans véritable issue visible.

Un salaire qui cristallise la frustration

Au cœur des revendications, la question salariale revient avec insistance. Les contractuels évoquent une rémunération mensuelle d’environ 550 000 francs guinéens, jugée insuffisante face aux réalités économiques actuelles.

Le porte-parole du CCTG a insisté sur cet écart entre travail et pouvoir d’achat :

« Avec ce salaire dérisoire, il devient extrêmement difficile de subvenir aux besoins de nos familles dans un contexte marqué par une inflation galopante », a-t-il déclaré, résumant une frustration devenue structurelle.

FUGAS, promesses et lenteurs administratives

Autre point de tension : la gestion administrative du dossier des contractuels, notamment leur enrôlement dans le Fichier Unique de Gestion Administrative et de la Solde (FUGAS). Sur le papier, un outil de rationalisation. Dans la pratique, un chantier encore inachevé.

Les membres du collectif évoquent des blocages persistants :

« Le collectif a aussi mentionné des difficultés administratives liées au changement de statut des agents enrôlés dans le Fichier Unique de Gestion Administrative et de la Solde (FUGAS). Ses responsables estiment que certains cadres administratifs ne s’impliquent pas suffisamment dans le processus de régularisation », a rapporté la déclaration.

Une équation sociale toujours sans solution claire

Au-delà des chiffres et des procédures, la réalité reste la même pour ces agents : des années de service public sans stabilité statutaire, dans l’attente d’une décision qui tarde à se traduire en actes concrets.

Dans ce dossier, la répétition des annonces contraste avec la lenteur des résultats, laissant une impression persistante d’un système administratif qui peine encore à solder ses propres zones d’ombre.

Laguinee.info

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