Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a réuni ce vendredi à Conakry les hauts cadres de l’administration publique pour une session de cadrage stratégique. Au menu : responsabilité, performance et accélération des réformes, avec en toile de fond le programme Simandou 2040 et la loi de plan 2026-2040 fraîchement adoptée par le Conseil national de la Transition.
Un message au sommet de l’État, relayé jusqu’aux directeurs nationaux : la machine administrative doit tourner autrement. Et vite.
Une rencontre au sommet de l’exécutif
Ce n’est pas une réunion ordinaire. En convoquant simultanément les secrétaires généraux des départements ministériels, les inspecteurs généraux et les directeurs nationaux, le Premier ministre a choisi d’adresser son message directement à ceux qui font tourner l’administration au quotidien — les courroies de transmission entre les décisions politiques et leur application concrète sur le terrain.
L’objectif affiché était triple : renforcer la culture de la responsabilité au sein de l’administration, améliorer les performances des institutions publiques et accélérer la mise en œuvre des réformes destinées à dynamiser l’économie nationale. Des mots souvent entendus dans les discours officiels, mais qui prennent ici une dimension opérationnelle particulière avec la revue des lettres de mission et contrats de performance passés en revue par le chef du gouvernement lui-même.
Simandou 2040 : la boussole de toute l’action publique
Au cœur des échanges, un programme a occupé une place centrale : Simandou 2040. Pour Amadou Oury Bah, ce n’est pas un simple projet économique. C’est, selon lui, « l’engagement pris par le président de la République, Mamadi Doumbouya, envers le peuple guinéen pour transformer durablement le pays ». Une formulation qui dit clairement la charge symbolique et politique que les autorités placent dans ce programme.
Pour donner à cette ambition un cadre légal et stratégique solide, le Conseil national de la Transition a adopté la loi portant Plan national de développement 2026-2040. Ce document — une sorte de feuille de route nationale sur quinze ans — est désormais le principal instrument de pilotage de l’action publique guinéenne.
Le Premier ministre en a lui-même défini la portée lors de la session : « La loi de plan 2026-2040 constitue le principal cadre stratégique de transformation nationale sur quinze ans. Elle fixe les orientations fondamentales du développement de la République de Guinée autour de la diversification économique, de l’industrialisation, de la souveraineté énergétique, de la valorisation du capital humain, de la modernisation territoriale ainsi que du repositionnement stratégique du pays. »
En clair : il ne s’agit plus seulement de gérer les affaires courantes. Chaque administration, chaque direction nationale, est désormais censée inscrire son action dans cette vision de long terme.
Responsabilité et performance : le ton est donné
La revue des lettres de mission et des contrats de performance — des documents qui fixent à chaque responsable administratif des objectifs précis et mesurables — traduit une volonté de rompre avec une culture de l’administration trop souvent perçue comme peu redevable de ses résultats. En présidant lui-même cette revue, le Premier ministre envoie un signal : la hiérarchie observe, et les résultats seront évalués.
À travers cette session, les autorités guinéennes entendent jeter les bases d’une croissance inclusive et durable, capable, selon elles, de répondre aux aspirations des populations et de faire de la Guinée un acteur majeur du développement en Afrique de l’Ouest.
Les intentions sont posées, le cadre juridique existe, les responsables ont été convoqués et instruits. Il reste maintenant l’étape la plus difficile : la mise en œuvre. C’est sur ce terrain-là, celui des actes concrets et des résultats mesurables, que les populations attendent de voir si cette session de cadrage aura été autre chose qu’une réunion de plus.
Laguinee.info





