Absente des championnats d’Afrique de saut en hauteur pour un motif aussi simple que navrant, l’absence de billet d’avion, l’athlète guinéenne Fatoumata Balley a brisé le silence après la publication des résultats. Une réaction empreinte de frustration, mais aussi de dignité et de détermination.
Elle avait le niveau. Il lui manquait juste un billet. Des résultats qui font mal Les résultats sont tombés. Et pour Fatoumata Balley, les voir s’afficher sur son écran a été un moment difficile à encaisser. La barre retenue pour décrocher le titre de championne d’Afrique ? 1m84. Une hauteur que l’athlète guinéenne dit franchir « régulièrement, à l’entraînement et avec confiance ».
La frustration est là, entière. « La Guinée est probablement passée à côté d’une médaille d’or continentale », écrit-elle, avec une lucidité qui rend le constat encore plus amer. Pas à cause d’une blessure. Pas à cause du niveau. Mais, précise-t-elle, « simplement à cause d’un manque d’organisation ».

Une guerrière privée de compétition
Se qualifier, s’entraîner, se préparer, et finalement ne pas monter dans l’avion. Fatoumata Balley n’a pas eu la possibilité de défendre ses chances sur la piste. L’absence de billet d’avion a suffi à effacer des mois de sacrifices et de préparation. « Ça fait mal. Très mal », confie-t-elle, sans chercher à masquer l’émotion.
Celle qui se surnomme elle-même « votre guerrière solaire » tient toutefois à une mise au point : son témoignage, dit-elle, « ne cherche absolument pas à diminuer les performances des athlètes médaillées ». Elle les félicite « sincèrement » pour leurs résultats. Son propos vise ailleurs, les défaillances organisationnelles qui, selon elle, ont privé la Guinée d’une chance réelle sur la scène continentale.
Un soutien populaire et un appel au changement
Depuis plusieurs jours, les messages affluent. Soutiens, partages, commentaires, Fatoumata Balley dit recevoir une vague de solidarité qui, malgré la douleur, lui va droit au cœur. « Je vois tout », assure-t-elle à ceux qui se mobilisent pour faire entendre sa voix.
Mais au-delà de son cas personnel, l’athlète lance un appel : « Battons-nous pour que ce genre de situation ne se reproduise plus. Ni pour moi, ni pour les futurs athlètes guinéens. » Un appel qui dépasse le sport et touche à la question plus large de la prise en charge des sportifs de haut niveau en Guinée.
La rage comme carburant
L’événement est passé, impossible de revenir en arrière. Fatoumata Balley le sait et choisit d’avancer. La frustration, la colère et la tristesse, promet-elle, seront transformées en force. « Méfiez-vous, votre guerrière solaire attaque sa saison avec de la rage », écrit-elle, avant d’annoncer sa rentrée officielle ce dimanche lors des interclubs à Grenoble.
Un billet d’avion manquant, une médaille peut-être perdue, mais une athlète debout. Fatoumata Balley regarde déjà devant elle, et la suite de sa saison s’annonce, à en croire ses propres mots, aussi déterminée que combative.
Laguinee.info





