Le ministre de l’Éducation nationale, Alpha Bacar Barry, a réuni jeudi, 13 mai 2026 les inspecteurs régionaux de l’éducation nationale et de l’enseignement technique pour un échange stratégique sur les maux qui fragilisent le système éducatif guinéen. Unité administrative, lutte contre la fraude, souveraineté pédagogique : le ton était ferme et la feuille de route ambitieuse.
L’école guinéenne a besoin de changer. Et le ministre entend que ce soit maintenant.
Un message sans détour aux responsables de terrain face aux inspecteurs venus des régions. Alpha Bacar Barry n’a pas usé de formules diplomatiques. Sa priorité : en finir avec les cloisonnements qui paralysent l’administration éducative. « Ce n’est pas deux inspections, ce n’est pas deux ministères, c’est un seul ministère », a-t-il martelé, appelant à faire de la collaboration, de la discipline et de la responsabilité les trois piliers de l’action territoriale.
Un discours d’unité, mais aussi d’exigence. Car derrière la question organisationnelle se cache un problème plus profond : celui d’une gouvernance trop souvent réactive, prise en otage par l’actualité des réseaux sociaux plutôt que guidée par des cadres internes de concertation. Le ministre a été clair : piloter l’éducation dans l’urgence médiatique, c’est fini.
Moralisation du secteur : tolérance zéro
Le ministre a également mis les pieds dans le plat sur un sujet sensible. Fraude aux examens, mauvaise gestion des ressources pédagogiques, complaisances face aux dérives, Alpha Bacar Barry a condamné ces pratiques sans ambiguïté, appelant les inspecteurs à reprendre pleinement leur rôle d’animation, d’anticipation et de résolution des problèmes à la base.
Le message adressé aux responsables déconcentrés est limpide : ils sont les premiers garants de l’intégrité de l’école guinéenne sur le terrain. Leur rôle ne se limite pas à transmettre des directives. Il implique d’agir, d’anticiper et de rendre compte.
Une vision guinéenne pour une école guinéenne
Au-delà du diagnostic, le ministre a esquissé une ambition de fond : bâtir une doctrine éducative propre à la Guinée. Pensée par des Guinéens, pour les réalités guinéennes. Une école qui concilie excellence académique, enracinement culturel, modernité pédagogique et adéquation avec les besoins de l’économie nationale.
Pour y parvenir, plusieurs réformes structurantes ont été évoquées : amélioration de la gouvernance des examens nationaux, renforcement de la qualité des enseignants, investissements ciblés dans les infrastructures scolaires, décentralisation progressive de certaines compétences. L’objectif affiché est de rendre le système éducatif plus attractif, plus crédible et résolument orienté vers la performance.
La transformation de l’école guinéenne ne se décrète pas en une réunion. Mais en fixant publiquement ces jalons devant les inspecteurs régionaux, Alpha Bacar Barry envoie un signal fort : la réforme est en marche, et la responsabilité collective de ceux qui gouvernent l’école au quotidien sera désormais au cœur de l’équation.
Laguinee.info





