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CRIEF : « Aucun ministre, aucun magistrat n’est au-dessus de la loi », Charles Wright entre en fonction avec fracas

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À l’occasion de la passation de service avec son prédécesseur Aly Touré, le nouveau Procureur de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a prononcé ce jeudi un discours de prise de fonction remarqué. Ton offensif, promesses de transparence et avertissements sans détour : le message est passé.

Il n’est pas venu pour ménager. Il est venu pour prévenir.

Dès ses premières prises de parole à la tête de la CRIEF, Alphonse Charles Wright a voulu planter le décor. Pas de formules diplomatiques, pas de discours d’usage. Le nouveau procureur a choisi la clarté, et même une certaine rudesse, pour signifier à tous les acteurs de l’appareil d’État que son mandat ne ressemblera pas aux autres.

« Est-ce qu’on peut développer un pays si on baille à la corruption ? », a-t-il lancé d’emblée, avant d’asséner ce qui restera sans doute la phrase la plus commentée de la cérémonie : « Ne soyez pas étonné demain qu’un ministre actuel dans le gouvernement puisse passer devant la CRIEF. Ne soyez pas surpris qu’un magistrat passe à la CRIEF. Personne ne sera épargné. »

Un appel direct à ses collègues magistrats

Charles Wright ne s’est pas contenté de viser les élus et les membres du gouvernement. Il a aussi adressé un message sans équivoque à ses pairs du corps judiciaire, rappelant que la robe de magistrat ne constitue pas un bouclier.

« Je lance un appel à tous les collègues magistrats. Celui qui est là, il est ministre, il est magistrat. Qu’on ne pense pas que la loi, c’est de l’autre côté », a-t-il déclaré. Une formulation directe, presque provocatrice, qui traduit une volonté affichée de ne souffrir aucune exception dans l’application de la loi.

L’exemple par l’acte : une déclaration de biens dès lundi

Au-delà des mots, Charles Wright a annoncé un geste concret, destiné à montrer l’exemple. « À partir du lundi, je déposerai ma déclaration de biens au niveau du greffe de la juridiction que j’occupe. Parce que la loi sur la détection dit que les présidents de juridiction doivent faire la déclaration de leurs biens au niveau du greffe de leur juridiction. Je me soumettrai à ça. Personne ne sera épargné. »

Un engagement personnel qui vient appuyer sa rhétorique : prêcher par l’exemple avant d’exiger des autres.

Un homme qui connaît la CRIEF de l’intérieur

Alphonse Charles Wright n’est pas un inconnu de l’institution. Il a lui-même comparu devant les juridictions guinéennes en qualité de ministre. Une expérience qu’il a revendiquée sans détour comme gage de sa crédibilité.

« J’ai comparu devant les juridictions ici en tant que ministre. Par respect pour la loi. La loi, elle est plus forte que nous tous. Nul n’est au-dessus de la loi », a-t-il affirmé. Il a également annoncé l’activation du numéro 627 97 17 17, destiné à recueillir les signalements de corruption et d’infractions économiques.

Avec Charles Wright aux commandes de la CRIEF, le ton est donné. Reste à savoir si les actes suivront les promesses. Dans un pays où la lutte contre la corruption a souvent buté sur les résistances de l’intérieur, le nouveau procureur sait mieux que quiconque que les mots, aussi forts soient-ils, ne suffisent pas. La CRIEF, sous son autorité, devra parler par ses dossiers.

 

Laguinee.info

 

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