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Guinée : 413 milliards de dividendes disponibles non versés par des sociétés publiques  

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Le rapport du Conseil National de la Transition de mars 2026 révèle que sur 1 022 milliards de francs guinéens de dividendes disponibles dans les sociétés publiques et mixtes, seulement 608 milliards ont été effectivement versés à l’État. Les 413 milliards restants n’ont pas été versés, sans justification officielle. Le CNT demande au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour récupérer ces fonds.

Les chiffres sont précis. Et l’absence d’explication l’est tout autant.

Le rapport N°009 de la Commission du Plan, des Affaires Financières et du Contrôle Budgétaire du CNT, présenté en mars 2026 par le Rapporteur Général Honorable N’Gouamou Fabara Koné, consacre un point spécifique au paiement des dividendes par les organismes publics. Ce qu’il révèle interpelle directement sur la gouvernance du patrimoine public guinéen.

Ce qu’est un dividende, et pourquoi c’est important

Pour le citoyen ordinaire, un dividende d’entreprise publique, c’est simple : lorsque l’État détient des parts dans une société, qu’elle soit entièrement publique ou mixte,vet que cette société fait des bénéfices, l’État a le droit de percevoir une partie de ces bénéfices, proportionnellement à sa participation. C’est de l’argent qui appartient à l’État, et donc aux citoyens, et qui devrait alimenter le budget national pour financer les services publics.

Or, selon le rapport du CNT, une partie significative de ces dividendes ne parvient tout simplement pas aux caisses de l’État.

72,84% des sociétés à résultat nul

Le constat de départ est déjà préoccupant. En novembre 2025, sur 81 sociétés publiques et mixtes examinées, 59 affichaient un résultat nul, soit 72,84%. Parmi elles, 22 sont des sociétés entièrement détenues par l’État, soit 100% public. Ces sociétés ne génèrent aucun bénéfice, et donc aucun dividende à reverser.

Mais ce n’est pas là que réside le problème le plus frappant.

413 milliards disponibles, et non versés

Sur les 81 sociétés examinées, 26 étaient en capacité de verser des dividendes. Seules 14 l’ont effectivement fait. Le rapport est explicite sur ce point :

« Sur un total de 1 022 Mds de dividendes effectivement disponibles, les sociétés ont décidé de ne payer que seulement un montant de 608,89 Mds, laissant ainsi un gap à encaisser, à l’époque, de 413,92 Mds sans raison aucune. »

413 milliards de francs guinéens. Disponibles. Non versés. Sans explication officielle. C’est ce que le CNT documente et dénonce dans son rapport.

Une intervention présidentielle qui a partiellement débloqué la situation

Le rapport note toutefois une évolution positive. Grâce à l’implication personnelle du Président de la République, le niveau de recouvrement a progressé de 284,11 milliards de francs guinéens. Le CNT salue cette avancée :

« Toutefois, grâce à l’implication personnelle de Monsieur le Président de la République, le niveau de recouvrement a augmenté de 284,11 Mds. Le CNT s’en réjouit et invite le Gouvernement à prendre toutes les dispositions utiles pour le recouvrement des 129 Mds restants. »

129 milliards restent donc encore à recouvrer à la date du rapport. Une somme qui continue d’échapper aux caisses de l’État sans justification connue.

Deux types de défaillances

Le rapport établit une distinction importante entre les sociétés qui ne versent pas de dividendes par incapacité économique réelle, et celles qui le font délibérément :

« Il est à noter que le non-paiement des dividendes résulte pour certaines entreprises publiques d’un manque de résultat économique et pour d’autres, d’un refus manifeste qui reste incompréhensible. »

La formule « refus manifeste qui reste incompréhensible » est significative. Elle indique que certaines sociétés, bien qu’ayant les moyens de payer, choisissent de ne pas le faire, sans que le CNT ait reçu d’explication satisfaisante à ce comportement.

Le CNT préconise restructuration et rigueur

Face à cette situation, le Conseil National de la Transition formule des recommandations concrètes. Il appelle d’abord à une meilleure gouvernance des entreprises publiques, soulignant que :

« La maîtrise effective des entreprises publiques par l’État dépend de la mise en place et du bon fonctionnement des Conseils d’Administration. »

Il exhorte ensuite le gouvernement à veiller à l’installation effective de ces conseils, à garantir la tenue régulière de leurs sessions et à exiger le paiement systématique des dividendes. Il recommande par ailleurs la restructuration ou la suppression des entreprises publiques chroniquement non rentables.

Le CNT rejette enfin l’idée d’une fatalité du déficit dans les entreprises publiques :

« L’idée que les sociétés publiques soient toujours déficitaires n’est pas et ne doit pas être une fatalité. Pour inverser cette tendance, le CNT invite Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, à prendre à bras le corps cette problématique. »

Laguinee.info

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