Dans la nuit du dimanche 22 au lundi 23 mars 2026, les forces de l’ordre ont mené une vaste opération de déguerpissement dans le quartier commerçant de Madina, à Conakry. Objectif : libérer les emprises routières occupées illégalement sur les axes de ce grand centre de négoce de la capitale. Le directeur général de la Police nationale a personnellement conduit l’opération sur le terrain.

Les engins sont entrés en action à 20 heures pile. Dans la nuit de Madina, les phares des chargeuses illuminaient les façades des boutiques fermées, pendant que leurs godets raclaient le bitume pour emporter tables, palettes, étals en bois et marchandises abandonnées à la hâte. Une scène qui ressemblait moins à un marché qu’à un chantier de démolition, et c’était précisément l’intention.
Un dispositif impressionnant déployé dans la nuit
Sur les images publiées par la Direction générale de la Police nationale, le tableau est saisissant. Des chargeuses de marque XCMG et JCB manœuvrent au cœur du quartier, leurs bennes chargées de débris de bois, de ferrailles et de détritus arrachés à la chaussée. Autour d’elles, des cordons de policiers en tenue d’intervention, casques, uniformes bleus, armes au poing, encadrent le périmètre sous les lumières des lampadaires et des phares. Des riverains, curieux ou concernés, observent la scène à distance.

Plus loin, on aperçoit le directeur général lui-même, en civil, au cœur des échanges avec ses équipes, doigt pointé vers les zones encore à dégager, pendant qu’un engin JCB poursuit sa progression en arrière-plan.
Au sol, le résultat est éloquent : des monceaux de planches brisées, de tôles tordues, de pneus usagés et de déchets divers s’accumulent là où, quelques heures plus tôt, des centaines de commerçants occupaient la voie publique.

Face à la réticence des occupants, l’État hausse le ton
L’opération n’est pas une surprise. Depuis plusieurs semaines, les autorités avaient multiplié les mises en demeure à l’encontre des occupants illégaux des axes routiers de Madina. Face à leur réticence persistante, le directeur général de la Police nationale a choisi de descendre lui-même sur le terrain, appuyé par des engins du Bataillon du Génie Militaire et des équipes de la Direction de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme (DATU).
L’objectif immédiat : dégager entièrement la chaussée et ses abords pour rétablir la fluidité du trafic sur la route Niger, artère vitale du quartier.
Conakry, capitale moderne : l’ambition affichée

Au-delà de l’urgence opérationnelle, les autorités affichent une vision à plus long terme. Il s’agit de transformer les grands axes de la capitale en espaces dégagés, esthétiques et fonctionnels, capables d’offrir un meilleur cadre de vie aux populations, de faciliter la circulation et de projeter l’image d’une Conakry aux standards des villes modernes.
Dans les rues dégagées de Madina, au petit matin, ne restaient plus que les gravats, et la question de ce que deviendront, demain, les commerçants délogés dans la nuit.
Laguinee.info







