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Pénurie de carburant : les station-services prises d’assaut à Kankan

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À Kankan, la crainte d’un manque de carburant a suffi à déclencher un mouvement de foule. Depuis la matinée du lundi 2 mars 2026, des files inhabituelles se sont formées devant plusieurs stations-service de la commune urbaine. Conducteurs de taxis, motards et particuliers cherchent à faire le plein, redoutant une rupture d’approvisionnement annoncée dans la soirée.

À l’origine de cette agitation, des informations relayées dans la ville évoquant une éventuelle pénurie consécutive à la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran. Sans communication officielle sur un impact direct en Guinée, la rumeur a rapidement gagné les gares routières et les quartiers périphériques.

À la gare routière, Djédi Sidibé, chauffeur, déplore une situation qu’il juge confuse.

« Tout a commencé hier lorsque nous étions à la gare routière. On nous a signalé qu’il y aura crise de carburant. Je suis ici depuis 7 heures, mais ils refusent de nous servir. Je ne connais pas la raison. Les autorités doivent nous aider. C’est à Kankan que les villageois doivent prendre du carburant. Mais malheureusement, c’est impossible », affirme-t-il, visiblement agacé par l’attente.

 

Face à ces inquiétudes, certains gérants tentent de rassurer. Kabinet Diakité, responsable d’une station-service, conteste l’existence d’une pénurie. Selon lui, la tension observée serait davantage liée à un mouvement de panique qu’à un réel déficit de stock.

« On a fait vendre hier presque de 6 heures jusqu’à 17 heures. Il n’y avait pas de crise. Mais de 17 heures à 18 heures, ils ont provoqué la crise pour dire qu’il n’y a pas de carburant. Et pourtant, il y a carburant. (…) Il y a essence ici, il y a essence à Conakry. (…) On va continuer à servir jusqu’à ce que le stock soit fini. Je sens aussi que le stock ne sera pas fini aujourd’hui ni demain », soutient-il, tout en appelant les usagers à éviter le stockage à domicile.

À la station Korialen , une organisation spécifique a été mise en place pour contenir l’affluence. Eugène Tenguiano explique que des listes ont été établies afin d’éviter les bousculades et la multiplication anarchique des bidons.

« Le gérant m’a demandé d’ordonner les souches, parce qu’il y a certains qui envoient les bidons pêle-mêle. J’ai dressé une liste, c’est en fonction de cette liste qu’on est là en train de servir les gens. Quand on libère 15 motards, on libère aussi 5 bidons de 20 litres. Il n’y a pas de condition, il n’y a aucun problème », précise-t-il.

Après plusieurs heures d’attente, certains clients repartent néanmoins satisfaits. Marcel Ouéndéno témoigne :

« On était là depuis vers les 6h du matin. Malgré le temps et le nombre, on nous a bien servi, nous sommes contents. Moi je dirais à tous les citoyens d’être courageux et disciplinés quand on vient à la station pour avoir de l’essence. Parce que ce n’est pas facile pour eux aussi, c’est un peu compliqué. »

Pour l’heure, aucune rupture officielle n’est constatée dans la ville. Mais l’afflux massif vers les pompes interroge sur la capacité du marché local à absorber une demande alimentée par la rumeur. La situation reste suivie de près par les usagers, suspendus à une éventuelle clarification des autorités.

 

De Kankan, Mohamed Lamine Yansané, pour Laguinee.info

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