La cérémonie officielle d’accueil des 300 enseignants-chercheurs a été marquée par le discours d’orientation stratégique prononcé par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Diaka Sidibé. Devant les membres du gouvernement, les responsables d’établissements et les nouveaux recrutés, la ministre a posé les bases d’une réforme présentée comme décisive pour l’avenir du système universitaire guinéen.
« Un acte politique fort »
Dans son intervention, Dre Diaka Sidibé a insisté sur la portée de cette intégration. Selon elle, l’arrivée de ces 300 docteurs ne relève pas d’une simple formalité administrative. Elle constitue un choix stratégique du gouvernement, visant à renforcer durablement le capital humain universitaire.
Ce recrutement s’inscrit dans la continuité de celui opéré en octobre 2024, qui avait concerné 155 enseignants-chercheurs. Au total, 450 docteurs auront été intégrés en moins de deux ans, un niveau inédit dans l’histoire de l’enseignement supérieur guinéen.
Corriger les fragilités structurelles
La ministre a dressé un diagnostic sans détour : pendant longtemps, le système universitaire a fonctionné avec un faible taux d’enseignants de rang magistral, un encadrement doctoral insuffisant et une capacité limitée à mobiliser des financements compétitifs.
Face à l’expansion des cycles Master et Doctorat et aux exigences internationales croissantes en matière de qualité, un renforcement massif des ressources humaines s’imposait.
Des résultats déjà mesurables
Revenant sur le programme engagé en 2024, Dre Diaka Sidibé a évoqué des indicateurs encourageants. L’évaluation interne fait état d’un taux global de performance avoisinant 78 %. Plus d’une cinquantaine d’enseignants ont été classés « Excellent », tandis que la majorité a obtenu des appréciations satisfaisantes ou supérieures.
Au cours de l’année universitaire écoulée, 487 cours ont été dispensés, contribuant à réduire les vacances académiques et à stabiliser les programmes. L’encadrement des mémoires et travaux de recherche s’est également amélioré.
De la quantité à la qualité
Au-delà des chiffres, la ministre a appelé à une transformation qualitative. Les nouveaux enseignants-chercheurs sont attendus sur plusieurs chantiers : modernisation des méthodes pédagogiques, structuration de l’encadrement doctoral, développement d’une culture de publication scientifique et renforcement des capacités de montage de projets.
Désormais, chaque activité devra être documentée et traçable : charges d’enseignement, encadrements, co-publications et projets feront l’objet d’un suivi standardisé. Des revues semestrielles de performance et des évaluations annuelles sont prévues, avec des décisions de gestion adaptées aux résultats.
Une intégration structurée dans les établissements
La ministre a également interpellé les recteurs et directeurs généraux. L’intégration des nouveaux recrutés ne doit pas être symbolique. Elle implique une affectation effective dans les départements, une participation aux conseils scientifiques, une implication dans les écoles doctorales et la mise en place de binômes pédagogiques associant enseignants recrutés et enseignants guinéens.
Un calendrier précis a été fixé, incluant un accueil institutionnel formel sous une semaine et la mise en place rapide des équipes pédagogiques.
Trois priorités stratégiques
Dre Diaka Sidibé a décliné trois axes prioritaires :
- Encadrement des cycles Master et Doctorat : réduction des délais de soutenance et exigence d’au moins un article publiable par doctorant avant la soutenance.
- Production scientifique : promotion des co-publications et alignement des recherches sur les priorités nationales, notamment en agriculture, énergie et transformation productive.
- Culture de projets : soumission à des appels compétitifs, développement de partenariats internationaux et mobilisation de financements extérieurs.
« Un pacte d’exigence et de confiance »
En conclusion, la ministre a présenté ce programme comme un investissement dont les retombées devront être visibles en matière de compétences nationales, de crédibilité scientifique et d’employabilité des diplômés.
La confiance accordée aux nouveaux enseignants-chercheurs, a-t-elle rappelé, s’accompagne d’une exigence de résultats. Leur réussite est désormais indissociable de celle de l’université guinéenne et de l’ambition de transformation portée par les autorités.
Laguinee.info





