Dans la préfecture de Kindia, l’eau potable est encore un luxe pour de nombreux ménages de Friguiagbé. Sans réseau d’adduction, sans pompe, des familles entières passent leurs journées à chercher le précieux liquide pour survivre.

Boire, cuisiner, se laver, faire la lessive… Chaque geste du quotidien est conditionné par la disponibilité de l’eau. Et pour en trouver, il faut parfois parcourir de longues distances, à pied, bidons sur la tête.
Le forage, seul espoir
Face à cette corvée quotidienne qui épuise surtout les femmes et les enfants, une seule solution revient dans toutes les bouches : le forage.
Mais à Friguiagbé, un forage ne tombe pas du ciel. Il se négocie, il se démarchage. Depuis plusieurs mois, les habitants se sont organisés. Des comités de quartier multiplient les démarches auprès des autorités locales, des élus, des ONG et des personnes de bonne volonté susceptibles de financer l’ouvrage.
« On ne demande pas grand-chose, juste de l’eau près de nos maisons », confie un habitant sous couvert d’anonymat. Les négociations se poursuivent, quartier par quartier.
Un quotidien bouleversé
Au-delà de la simple question d’approvisionnement, le manque d’eau potable bouleverse toute l’organisation sociale de la localité.
Les femmes, premières concernées par la corvée d’eau, voient leurs journées amputées. Les enfants arrivent en retard à l’école après avoir aidé leurs parents à chercher de l’eau. Les activités économiques tournent au ralenti.
Pour les habitants, l’arrivée d’un forage ne serait pas seulement une question de robinet. Ce serait la fin d’une pénibilité quotidienne et une véritable amélioration de leurs conditions de vie et de leur santé.
En attendant une réponse concrète à leurs doléances, à Friguiagbé, la mobilisation continue. Bidon à la main, mais l’espoir chevillé au corps, les populations espèrent que leur voix portera enfin et que l’eau jaillira bientôt au cœur de leurs quartiers.
Hawa Diakité, stagiaire pour Laguinee.info





