spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

Coyah : à 68 ans, Abdoulaye Camara casse toujours le granite pour nourrir sa famille

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

À 68 ans, alors que le poids des années aurait pu l’éloigner des carrières, Abdoulaye Camara continue de frapper le granite à coups de marteau. Depuis l’âge de 10 ans, il exerce ce métier à Bambaya, à Manéah selon notre confrère de l’AGP. Près de six décennies plus tard, la pierre reste son principal moyen de faire vivre sa famille.

Dans les carrières de Bambaya, le bruit des marteaux se mêle aux éclats de granite et à la poussière. Chaque jour, des travailleurs s’attaquent à de gros blocs de pierre pour en extraire des morceaux destinés à la construction.

Parmi eux, Abdoulaye Camara. À 68 ans, il connaît les carrières depuis son enfance. Ses mains portent les traces de plusieurs décennies passées à travailler la pierre.

« Ici, chaque pierre raconte une histoire. La mienne a commencé quand j’avais dix ans », confie-t-il chez notre confrère de l’AGP.

Un métier appris dès l’enfance

En 1968, alors qu’il n’a que 10 ans, Abdoulaye accompagne ses parents dans les carrières. À cette époque, Manéah est encore largement rural et l’exploitation de la pierre constitue déjà une activité pour plusieurs familles.

Il apprend progressivement à manier les outils et à casser la roche aux côtés de ses parents.

« Mes parents vivaient de cette activité. Je les suivais tous les jours. Petit à petit, j’ai appris le métier. C’était notre école, notre vie », raconte-t-il.

Les années passent, mais Abdoulaye reste dans les carrières. En 1988, il se marie et devient père de famille. Son activité prend alors une importance supplémentaire : il doit désormais assurer les besoins de son foyer.

Des journées difficiles pour des revenus variables

Dans les carrières, les journées commencent tôt et se terminent souvent en fin d’après-midi. Le travail est physique et les revenus varient notamment en fonction des commandes et de la quantité de granite vendue.

Abdoulaye estime ses gains quotidiens entre 30 000 et 60 000 francs guinéens.

« Certains jours, on travaille sans savoir si on vendra toute la production. Mais quand on a des enfants, on ne peut pas rester à la maison. Le courage devient une obligation », explique-t-il.

À son âge, il continue donc à exercer ce métier exigeant pour participer aux dépenses de sa famille.

Mamaïssata Sylla, son soutien de longue date

Dans son parcours, Abdoulaye attribue également une place importante à son épouse, Mamaïssata Sylla. Il dit avoir toujours pu compter sur son soutien dans les moments difficiles.

« Elle ne m’a jamais laissé baisser les bras. Quand je revenais fatigué ou découragé, elle trouvait toujours les mots pour me redonner confiance. Sans elle, je ne serais jamais arrivé jusque-là », confie-t-il.

Ensemble, ils ont élevé cinq enfants, dont trois filles. Malgré leurs moyens limités, ils ont fait de la scolarité de leurs enfants une priorité.

« Nous n’étions pas riches, mais nous avons toujours fait l’effort de payer leur scolarité. Nous voulions qu’ils aient des possibilités que nous n’ayons jamais eues », souligne Abdoulaye.

« Quand ils sont tous là, je me sens riche »

Aujourd’hui, Abdoulaye vit toujours dans la maison familiale héritée de son père, Facinet Camara.

Loin des carrières, il retrouve auprès de son épouse, de ses enfants et de ses petits-enfants un autre rythme de vie. Leur présence constitue, dit-il, l’une de ses principales sources de bonheur.

« Quand ils sont tous là, je me sens riche. C’est cette famille qui est ma plus grande réussite. L’argent passe, mais une famille unie reste », affirme-t-il.

À Bambaya, les carrières continuent de faire vivre de nombreuses familles. Mais derrière cette activité, les travailleurs doivent composer avec la pénibilité du métier, les risques liés à l’extraction de la pierre et des revenus variables.

À 68 ans, Abdoulaye Camara continue de frapper le granite. Après près de six décennies dans les carrières, il poursuit son activité avec le même objectif : subvenir aux besoins des siens.

Derrière chaque bloc de granite extrait à Bambaya, il y a aussi le travail d’hommes qui, comme Abdoulaye, continuent de gagner leur vie à la force du marteau.

Michel Koulémou, pour Laguinee.info

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS