À trois semaines de la fête de l’indépendance, les t-shirts du 2 octobre inondent déjà Conakry. Prix cassés, concurrence féroce, nouveaux acteurs : le marché est sous tension.

Ici, tout a changé. Avant, il fallait attendre les deux dernières semaines pour voir les étals se remplir. Cette année, les décorateurs et teinturiers sont déjà à pied d’œuvre depuis fin août.

Derrière cette précocité, une raison : la concurrence
Konaté Bandjou, décorateur au marché Madina, ne décolère pas. Pour lui, l’arrivée des machines DTF a tout bouleversé.
« Le marché n’est pas comme l’année précédente. Ceux qui ont les machines DTF impriment plus vite et moins cher. Nous, les décorateurs à la main, on ne peut plus suivre », lâche-t-il.
Conséquence directe : les prix s’effondrent. Vendu 60 000 GNF l’an dernier, le t-shirt s’affiche désormais entre 25 000 et 35 000 GNF chez certains vendeurs. Une chute de plus de 50%.
Une aubaine pour les clients, une menace pour les anciens.
Cette baisse attire une nouvelle vague de commerçants. Des jeunes, des femmes au foyer, des fonctionnaires… tous veulent leur part du gâteau de l’indépendance.
Ami Soumah en fait partie. Première année dans le business, elle reste optimiste :
« Il y a beaucoup de vendeurs, c’est vrai. Mais il y a aussi beaucoup de clients. Cette année peut être plus belle que l’année dernière. »
Entre démocratisation du matériel et ruée vers un business saisonnier jugé rentable, le marché du t-shirt de l’indépendance à Conakry vit une mutation. Le prix n’est plus fixé par la qualité, mais par la survie face à la concurrence.
Mamadouba Niang et Mamadou Saliou Diallo, stagiaires pour Laguinee.info





