spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

Conakry : quand le baptême devient un fardeau financier pour les familles

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

Moment de joie et de bénédiction, le baptême peut se transformer en véritable casse-tête financier à Conakry. Entre achat des moutons, nourriture, location de tentes et habillement, la facture atteint parfois plusieurs millions de francs guinéens. Une charge que de nombreuses familles peinent à assumer.

Abdoulaye Soumah en sait quelque chose. Pour le baptême de ses deux enfants, Mariam et Nouha, il dit avoir déboursé près de 7 millions de francs guinéens au départ, avant que la facture finale n’explose.

« La dépense totale globale était au total de 6 960 000 francs guinéens », raconte-t-il.

Comme pour beaucoup de familles, l’achat des moutons a constitué le poste le plus important : 3 350 000 GNF pour des bêtes achetées au village.

Mais les dépenses ne s’arrêtent pas là. Fidèle à la coutume, il a dû informer les deux belles-familles et ses propres parents.

« Nous sommes Africains, nous vivons dans notre propre coutume. J’étais tenu d’informer les parents de ma femme, les parents de ma maman, et mes propres parents », explique-t-il.

Colas, enveloppes de 50 000 GNF pour accompagner chaque cola, frais de nourriture qui s’alourdissent au fil des préparatifs : 700 000 GNF pour un premier dépôt, puis un carton de poulet, un bidon d’huile d’arachide, un sac de riz de 50 kg à 290 000 GNF et un demi-sac de 25 kg à 150 000 GNF.

Le jour J, d’autres frais s’ajoutent : 500 000 GNF pour la lecture du Saint Coran, 200 000 GNF de transport pour la famille maternelle, 200 000 GNF pour la tente, 150 000 GNF pour les chaises, et 1 500 000 GNF pour les tenues de l’enfant et des parents.

« Après tous les calculs, j’ai eu un total de 10 060 000 francs guinéens », confie-t-il.

Un montant qu’il a financé seul sur ses économies :

« Je n’ai pas demandé d’aide à qui que ce soit. »

« Célébrer selon ses moyens »

Pour Mohamed Camara, cette course à la dépense n’est pourtant pas une obligation religieuse ou sociale.

« Le baptême, ça dépend d’abord des moyens des parents. Ça ne doit pas forcément être une grande cérémonie. Chaque famille célèbre en fonction de ses moyens. L’essentiel est de faire le sacrifice pour l’enfant », rappelle-t-il.

Il invite les parents à la retenue :

« Je conseille aux parents de faire le baptême selon leurs moyens. Il ne faut pas chercher à faire une grande cérémonie juste pour montrer aux gens qu’on a les moyens. Le plus important, c’est de penser à l’enfant et de ne pas se mettre dans les difficultés après la fête. »

Entre tradition et pression sociale, le baptême est ainsi devenu, pour certains ménages à Conakry, synonyme de mariage en termes de dépenses. Un événement qui, selon les témoins, devrait rester un moment de recueillement familial plutôt qu’une démonstration de prestige.

 

Nansira Ballo, stagiaire pour Laguinee.info

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS