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Madina : Issiaga, diplômé en sociologie devenu réparateur de téléphones

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À Madina, les réparateurs de téléphones sont devenus indispensables. Écrans cassés, appareils tombés dans l’eau… ils redonnent vie aux téléphones chaque jour. Parmi eux, Issiaga Monota Camara, diplômé en sociologie, a fait de la réparation son métier et une perspective d’avenir.

Dans le grand marché de Madina, les ateliers de réparation de téléphones ne désemplissent pas. Parmi les réparateurs, Issiaga Monota Camara.

Sociologue de formation, il exerce ce métier en parallèle de ses études universitaires. Pour lui, c’est bien plus qu’un petit boulot : c’est une activité qui lui apporte une stabilité économique:

« Je suis sociologue. Je considère ce métier comme un véritable avenir pour moi. Depuis que je faisais l’université, il m’a toujours soutenu. Économiquement, il m’arrange. Quand tu maîtrises un travail, il peut devenir ton avenir », explique-t-il.

Pour Issiaga, la réussite ne passe pas forcément par un bureau:

« Vous ne devez pas penser que si vous n’êtes pas dans un bureau, ministre ou fonctionnaire de l’État, vous ne pouvez pas réussir. Même si vous ne travaillez pas pour l’État, vous pouvez créer votre propre entreprise », affirme-t-il.

Une activité qui lui permet d’envisager l’avenir avec confiance: « Je développe mon entreprise et ça marche très bien. Je connais même des fonctionnaires et quand tu regardes leurs revenus, je suis mieux placé qu’eux », ajoute-t-il.

Un métier avec des difficultés

Comme tout métier, la réparation a ses contraintes, notamment quand une nouvelle panne apparaît après une intervention: « Les difficultés sont multiples. Dès que tu commences à mettre en pratique, tu rencontres des difficultés », témoigne-t-il.

Le changement d’écran est l’une de ses interventions les plus fréquentes. Mais un écran peut fonctionner en atelier et tomber en panne plus tard, ce qui provoque le retour mécontent du client.

« Il y a des clients qui viennent pour changer l’écran. Tu le changes correctement, tu le lui remets. Plus tard, il revient en disant que l’écran ne fonctionne pas ou qu’il y a un autre problème », raconte-t-il.

Même cas pour les appareils tombés dans l’eau. Le changement d’une pièce ne suffit pas toujours à résoudre tous les problèmes. Et quand une nouvelle panne survient à la maison, le client met parfois en cause le réparateur:

« Quand tu finis de changer l’écran, il travaille très bien. Mais une fois rentré à la maison, au moindre souci, ils reviennent et crient que tu n’as pas bien arrangé le téléphone », déplore-t-il.

Son message à la jeunesse

Malgré ces difficultés, Issiaga encourage les jeunes à apprendre un métier plutôt que d’attendre uniquement un emploi dans la fonction publique:

« Le travail, réhabilité en tant qu’instrument du bonheur populaire, est notre premier mot d’ordre. Quand l’homme ne travaille pas, il n’est rien », affirme-t-il.

« Certains disent qu’il n’y a pas de métier. Il y a beaucoup de métiers », souligne-t-il.

« Tous ceux qui travaillent peuvent instaurer leur dignité. Le travail a une plus grande utilité, une plus grande importance que la jeunesse doit adopter », conclut-il.

À travers son parcours, Issiaga défend l’idée qu’un métier technique peut être une véritable voie d’avenir et un moyen de construire son indépendance.

 

Nansira Ballo, stagiaire pour Laguinee.info

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