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Km 36 : Joseph, électricien devenu gérant de toilettes publiques pour nourrir sa famille

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Au marché de Km 36, dans la commune de Sanoyah, Joseph gère des toilettes publiques. Électricien de formation, fragilisé par trois ans de maladie, ce père de famille d’une cinquantaine d’années a accepté ce travail peu convoité pour subvenir aux besoins des siens. Il témoigne sous son seul prénom.

À l’entrée, des bidons d’eau et des bouilloires alignées. C’est dans cet environnement que travaille Joseph, gérant des toilettes publiques du marché de Km 36.

Père de famille d’une cinquantaine d’années, il est électricien de formation. Il a travaillé une usine de farine à Dubréka, puis une autre oautre.

« J’étais tombé malade. Pendant trois ans, je suis resté couché à la maison. J’ai une maladie des nerfs. Partout où j’allais travailler, je ne pouvais plus tenir », raconte Joseph.

C’est après cette période qu’il a été contacté par le propriétaire des lieux pour gérer les toilettes. Sans emploi, il a accepté. « J’ai fait deux ans dans ce travail », dit-il.

Un travail qu’il assume difficilement: « Depuis mon premier jour jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours honte de ce travail. Personne dans ma famille, même pas ma femme ni mes proches, ne sait où je travaille ni ce que je fais », confie-t-il.

Malgré cette honte, il impose le respect sur son lieu de travail. Le tarif est de 1 000 GNF. « Si quelqu’un vient avec 500 GNF, je le laisse utiliser la toilette pour éviter les problèmes », explique-t-il.

Chaque jour, il lave les toilettes trois fois pour les maintenir propres et conserver son emploi.

« Si quelqu’un appelle le propriétaire pour lui parler de la saleté du lieu, cela me fera perdre ce travail. C’est vrai que l’argent n’est pas beaucoup, mais ça m’aide énormément. C’est mieux que rien », dit-il.

Une cliente habituelle confirme la propreté des lieux. Delphine, commerçante au Km 36, témoigne : « Ici, nous payons 1 000 GNF pour utiliser la toilette. Elle est toujours propre et je me sens comme chez moi. »

« Son témoignage me fait du bien. Si un jour mes enfants savaient ce que je fais et que l’un d’eux voulait faire ce travail, je ne le lui permettrais pas. Je ferai tout pour leur donner un avenir radieux », affirme Joseph.

Il lance un message : « Pour tous ceux qui sont dans la même situation que moi, je leur dirai de prendre courage, parce que ce travail est mieux que voler. Il est mieux que de rester à la maison et voir tes enfants emprunter un mauvais chemin. Dans la vie, il n’y a pas de brouillon, donc tout ce qu’on fait, il faut le faire avec sérieux. »

Alhassane Sylla et Mariame Keïta, stagiaire pour Laguinee.info

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