À 32 ans, Mariama Conté est une figure du Port 1 de Sonfonia. Tous les jours depuis dix ans, elle fend du bois à la hache pour le revendre pour les baptêmes, mariages et sacrifices. Un travail harassant pour 150 000 à 300 000 GNF par jour, qui lui permet de payer le loyer et soigner ses enfants.
Au Port 1 Camp Marine, à Sonfonia Centre, le bruit de sa hache est familier.
À 32 ans, Mariama Conté y est tous les matins. Son métier : fendre du bois et le revendre en petits tas aux familles qui préparent un baptême, un mariage ou un sacrifice.
Un métier d’homme, qu’elle exerce depuis dix ans à la force de ses bras.
Travailler par nécessité, pas par choix
Mère de famille, mariée à Aboubacar Camara, Mariama n’a pas choisi ce métier par passion.
« Je fais cette activité non pas par passion, mais parce que je n’ai pas le choix », confie-t-elle, la hache à la main. « C’est avec ça que je paie le loyer, que je soigne mes enfants. »
Derrière ces mots simples, une réalité économique dure. Dans son foyer, ses revenus sont devenus indispensables pour faire face aux dépenses quotidiennes.
De 9h à 18h, le dos courbé
Son quotidien est réglé comme du papier à musique, entre le port, le marché et la maison.
« Je viens chaque jour à partir de 9 heures et je travaille jusqu’à 13 heures. Ensuite, je passe au marché pour acheter les condiments avant de rentrer préparer le repas pour mes enfants et mon mari », raconte-t-elle.
:Puis elle revient: « Je reviens vers 16 heures pour continuer à découper le bois jusqu’à 18 heures, avant de rentrer définitivement »
Un rythme épuisant pour son corps: « Il m’arrive d’avoir mal au dos, surtout parce que je dois souvent me courber pour découper le bois. Malgré ces difficultés, je continue. »
150 000 à 300 000 GNF par jour
Son commerce, ce sont de petits tas de bois vendus au détail à une clientèle d’habitués qui préparent des cérémonies familiales.
Les revenus sont modestes et aléatoires: « Je gagne généralement entre 150 000 et 300 000 francs guinéens par jour », explique Mariama. Le week-end, avec l’afflux de mariages et de baptêmes, est sa meilleure période. « Les week-ends sont les moments où nous avons le plus de travail. »
Chaque bûche fendue est un repas assuré, un médicament payé, un loyer honoré.
Le parcours de Mariama est celui de milliers de femmes guinéennes de l’informel, qui chaque jour, à la force de leurs bras, maintiennent leur famille à flot.
Un morceau de bois après l’autre
Mamadou Oury Bah et Michel Koulémou, stagiaires pour Laguinee.info





