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L’automédication à Conakry : par défaut et faute de moyens

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À Conakry, faute de moyens financiers, de nombreux Guinéens repoussent la consultation à l’hôpital jusqu’à l’extrême urgence. Ils préfèrent acheter des médicaments au marché ou chez des vendeurs ambulants, au risque de graves complications.

Face à la fièvre, au paludisme ou aux maux de ventre, le premier réflexe de nombreuses familles à Conakry n’est pas de se rendre à l’hôpital. La première solution, c’est l’automédication.

Rencontrés dans la commune de Ratoma, deux jeunes expliquent pourquoi ils repoussent la consultation chez le médecin au dernier moment.

Ibrahima Sory Diaby, 24 ans, raconte : « Je suis venu accompagner ma grand-mère malade à l’hôpital avec juste 50 000 GNF, et ça n’a suffi que pour la consultation. Il me reste 6 000 GNF. Je vais faire le transport pour chercher à emprunter de l’argent à l’une de mes connaissances. Si je n’en gagne pas, je vais devoir payer les médicaments chez les vendeuses ambulantes, pour maintenir en forme ma grand-mère jusqu’à ce que je puisse avoir de quoi la soigner ».

Dans la même logique, Yacouba Bérété, 27 ans, confie : « Pour la plupart du temps, quand je tombe malade, c’est le palu ou la fièvre typhoïde. Donc je paie les médicaments directement dans les pharmacies par terre, car je suis au chômage et je n’arrive pas à joindre les deux bouts ».

« On les reçoit quand c’est déjà compliqué»

Dr Chérif, médecin généraliste à la clinique Ako de Conakry, tire la sonnette d’alarme. Selon lui, l’automédication est devenue l’une des premières causes de complications graves à l’hôpital:

« Quand on reçoit un patient, on le pèse pour connaître la dose de produits qu’on va injecter dans son corps et quel produit il va prendre. Donc une personne qui ne connaît pas tout ça prend des médicaments au péril de sa vie. Elle risque une insuffisance rénale, un ulcère, et plus grave, faire une overdose », explique-t-il.

Le praticien lance un appel à la sensibilisation : « Il est important de venir se faire soigner à l’hôpital pour éviter de graves complications de santé, car ces médicaments, au lieu de soigner, rendent les microbes encore plus résistants ».

Faute de moyens, l’automédication s’impose donc comme la première option pour de nombreux Guinéens. Une pratique à risque que les autorités sanitaires recommandent d’éviter pour prévenir les complications.

 

Maimouna Keïta , stagiaire pour Laguinee.info

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