spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

Délestage à Conakry : quand les coupures de courant brisent la confiance entre artisans et clients

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

À Conakry, les coupures d’électricité perturbent le quotidien des artisans. Coiffeurs et menuisiers sont contraints de travailler la nuit ou d’utiliser des groupes électrogènes coûteux. Une situation qui retarde les commandes et fragilise leur crédibilité auprès des clients.

À Conakry, le courant ne coupe plus seulement la lumière. Il coupe la confiance.

Depuis plusieurs semaines, coiffeurs, menuisiers et soudeurs voient leurs journées rythmées par le délestage. Le courant part tôt le matin pour ne revenir que tard le soir, bouleversant horaires et délais.

« La journée, je reste assis sans clients »

Dans son salon de coiffure, Abdourahmane Diallo tente de maintenir son activité tant bien que mal. Mais son activité dépend entièrement de l’électricité, qui n’est disponible que la nuit.

« Le courant part à 8h et ne revient que vers 18h ou 19h. Pendant la journée, je reste assis dans mon salon sans clients », témoigne-t-il.

À cette difficulté s’ajoute le loyer. « Les locations sont très chères. Sans courant, c’est très difficile de s’en sortir avec les propriétaires. On est obligé de travailler la nuit pour avoir de quoi nourrir la famille », explique-t-il.

Pour ne pas perdre sa clientèle, il doit parfois revenir aux méthodes traditionnelles.

« Parfois, je suis obligé de coiffer à l’ancienne, aux ciseaux, pour ne pas perdre mes clients. Mais certains refusent, ils ne veulent que la machine », ajoute-t-il.

Son appel est clair : « Nous demandons à l’État de rétablir le courant en journée, car c’est en journée que les clients viennent ».

« Notre crédibilité est en jeu »

Même réalité dans les ateliers de menuiserie. Pour Diallo Mamadou Bhoye, alias Maître Bobo, chaque coupure est un retard potentiel et une dispute annoncée avec un client.

« Nous avons des difficultés avec les clients. On nous confie des portes, mais le courant part tôt le matin et revient tard la nuit. Le travail devient compliqué à rendre à temps », explique-t-il.

Un retard qui peut coûter cher en réputation: « Ça crée des désaccords. Notre crédibilité est en jeu. On est obligé de travailler la nuit pour livrer à temps », affirme l’artisan.

Reste la solution du groupe électrogène. Mais elle a un prix:

« Si on allume le groupe, le prix du travail va augmenter pour le client à cause du carburant. Et le client ne comprend pas toujours », souligne Maître Bobo.

Entre travail nocturne, commandes en retard et surcoûts, les artisans de Conakry jouent leur réputation à chaque coupure.

 

Mamadou Alimou Barry, Stagiaire pour Laguinee.info

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS