À Sonfonia, le talent ne manque pas. Les moyens, eux, font défaut. Dans plusieurs académies sportives, de jeunes footballeurs continuent de s’entraîner avec des équipements limités et sur des terrains peu adaptés. Une situation qui complique leur formation et freine leurs ambitions professionnelles.
À l’académie Espoir Mohamed de Sonfonia, les séances d’entraînement se déroulent dans des conditions difficiles. L’état de l’aire de jeu et l’insuffisance d’équipements imposent des contraintes aux joueurs comme aux encadreurs.
Pourtant, le groupe ne manque ni de motivation ni d’expérience. Des joueurs évoluant depuis plusieurs années au sein de l’académie côtoient de jeunes pensionnaires. Certains sont même sortis de l’université, mais continuent de poursuivre leur rêve de carrière dans le football.
Sékou Condé, attaquant et pensionnaire de l’académie, fait partie de ceux qui s’accrochent malgré les difficultés. Plusieurs années après avoir intégré le groupe, il témoigne d’un parcours construit essentiellement autour de la passion et de la détermination.
« Cela fait plusieurs années que je suis dans cette académie. Nous avons commencé dans des conditions difficiles et, au fil du temps, nous sommes restés ensemble. Il y a des joueurs cadres, des jeunes et même des sortants de l’université qui ont toujours cette grande envie de jouer au football », raconte-t-il.
Pour lui, la motivation ne suffit toutefois pas à elle seule. Le football de haut niveau exige également des moyens et un accompagnement.
« Nous savons que ce n’est pas facile, mais nous gardons l’ambition. Le football demande aussi du soutien et, jusqu’à présent, nous n’en avons pas suffisamment », déplore Sékou Condé.
Un terrain adapté, une priorité
Les difficultés sont également constatées par les encadreurs. Morlaye Kaba, coach et formateur de l’académie Espoir Mohamed, estime que l’amélioration des infrastructures constitue désormais une priorité.
Le technicien sollicite notamment l’intervention des autorités et de la Fédération guinéenne de football pour accompagner les académies locales.
« Je demande aux nouvelles autorités ainsi qu’à la Fédération de nous venir en aide. Nous souhaitons au moins bénéficier d’un terrain synthétique pour améliorer l’état de notre aire de jeu », plaide-t-il.
Pour Morlaye Kaba, une telle infrastructure permettrait d’améliorer sensiblement les conditions d’entraînement.
« Cela nous permettrait de changer le visage du terrain et surtout de donner aux joueurs des conditions qui se rapprochent des normes actuelles », ajoute le formateur.
Au-delà du confort, l’enjeu touche directement à la formation. La qualité d’un terrain, la disponibilité des équipements et les conditions d’encadrement peuvent peser sur la préparation physique et technique des joueurs, mais aussi sur leur capacité à progresser et à attirer l’attention des clubs.
À Sonfonia, les académies continuent donc de fonctionner avec des moyens limités. Les joueurs s’entraînent, les encadreurs transmettent et les ambitions restent intactes. Mais entre le rêve de devenir professionnel et sa concrétisation, le manque d’infrastructures constitue encore un obstacle de taille.
Pour les acteurs de ces académies, un accompagnement des pouvoirs publics et des instances sportives permettrait de mieux structurer ces espaces de formation et d’offrir aux jeunes talents guinéens des conditions plus adaptées aux exigences du football moderne.
Laguinee.info





