À Conakry, la saison des pluies complique la distribution et la vente du pain. Entre le transport, le stockage et l’exposition dans les points de vente, l’humidité et les fortes averses peuvent endommager une partie de la marchandise. Pour les distributeurs et les vendeuses, ces pertes représentent un manque à gagner supplémentaire.
Devant les boulangeries, les travailleurs redoublent de précautions avant les départs. Les pains sont comptés, rangés dans des sacs, puis recouverts de bâches ou de sachets plastiques avant d’être chargés sur les motos et les tricycles. Malgré ces mesures, l’eau peut parfois atteindre la marchandise au cours du trajet ou pendant les opérations de livraison.
Mamadou Saïdou, distributeur de pain, explique que les difficultés peuvent survenir à plusieurs étapes de la distribution. Il raconte notamment comment certains pains sont endommagés avant même d’arriver chez les derniers clients :
« Je distribue le pain à plusieurs endroits. C’est quelque chose que je sais, mais je vous dis que le pain peut se détériorer à plusieurs niveaux. Par exemple, lorsque vous déballez le pain pour le vendre à un premier boutiquier, l’eau peut y entrer. Mais j’arrive à m’en rendre compte après être passé dans deux ou trois boutiques au moins. Au final, je me retrouve avec quelques pains à retourner. »
Dans les points de vente installés aux abords des marchés, les vendeuses tentent également de protéger leurs marchandises. Les grands parapluies et les bâches sont utilisés pour limiter le contact avec l’eau. Mais lorsque les pluies sont accompagnées de vents forts, ces protections deviennent parfois insuffisantes.
Yarie, vendeuse de pain, observe aussi une baisse des ventes lorsque les précipitations deviennent importantes. Elle décrit les difficultés auxquelles elle est confrontée pour écouler sa marchandise :
« Le pain ne s’achète pas quand il pleut. Tout le monde préfère rester à la maison et attendre la commande. Pourtant, moi, je suis une vendeuse et c’est ici que je vends. Je ne peux donc pas mettre du pain sur ma tête et me promener sous la pluie. Le peu de gens qui viennent vers moi, je leur vends. »
La météo n’est toutefois pas la seule préoccupation. Certains consommateurs disent également constater des problèmes liés à l’état du pain acheté pendant cette période. Mariama Djelo, consommatrice, évoque notamment des produits qu’elle juge moins satisfaisants à la réception.
Elle décrit les problèmes qu’elle dit avoir parfois rencontrés avec le pain :
« Le pain que je reçois parfois est de mauvaise qualité. Soit il est coupé ou parfois mou, on dirait un pain qui a dormi. J’avoue que je n’aime pas vraiment ce type de pain. »
Du côté des boulangeries, les intempéries peuvent également perturber certaines opérations. Les difficultés de déplacement et de transport peuvent notamment retarder la livraison vers les différents points de vente. Ces retards peuvent alors compliquer l’organisation habituelle de la chaîne de distribution.
Pour les distributeurs et les vendeuses, l’enjeu est donc de limiter les dégâts tout au long du parcours, de la boulangerie jusqu’au consommateur. La protection des sacs, l’utilisation de bâches et la réduction du temps d’exposition à la pluie font partie des précautions prises sur le terrain.
Mais lorsque les averses deviennent fortes, ces mesures ne suffisent pas toujours. Une partie du pain peut être exposée à l’eau, tandis que la baisse de fréquentation des points de vente réduit les possibilités d’écoulement.
En cette saison des pluies, boulangers, distributeurs et vendeuses doivent ainsi composer avec une contrainte supplémentaire : préserver la marchandise tout en maintenant les ventes. Pour ceux dont les revenus dépendent directement de cette activité, chaque pain détérioré ou invendu représente une perte qui s’ajoute aux difficultés quotidiennes.
Ramatoulaye Yacine Baldé, Stagiaire pour Laguinee.info





