Le procès de Sékou Keïta et Maciré Camara est entré dans sa phase décisive ce mardi au Tribunal de première instance de Dixinn. Le ministère public a requis deux ans d’emprisonnement ferme et deux millions de francs guinéens d’amende contre chacun des deux prévenus, poursuivis pour des faits présumés de fraude et de complicité de fraude au concours de recrutement des auditeurs de justice.
Après plusieurs audiences consacrées notamment aux témoignages, le dossier est désormais au stade des réquisitions et des plaidoiries.
À la barre, le procureur de la République, Elhadj Sidiki Camara, a estimé que les faits reprochés aux deux prévenus étaient établis.
« Les infractions de complicité sont imputables à M. Sékou Keïta, et celles de fraude à Mme Maciré Camara. Les faits sont établis », a déclaré le représentant du ministère public.
Le procureur charge Sékou Keïta
Dans son réquisitoire, le procureur a particulièrement insisté sur le rôle attribué à Sékou Keïta, conseiller chargé de la communication au ministère de la Justice.
Selon l’accusation, celui-ci aurait récupéré le sujet du concours, l’aurait dissimulé dans un sac plastique avant de tenter de le transmettre à Maciré Camara.
Le ministère public a également évoqué un précédent concernant le prévenu.
« Lors du concours des greffiers, M. Keïta avait adopté le même comportement. Il fallait donc le surveiller pour éviter toute fraude à un examen national », a soutenu le procureur.
L’accusation affirme par ailleurs que Maciré Camara était régulièrement présente dans le bureau du conseiller ministériel, un élément présenté comme susceptible d’établir un lien entre les deux prévenus.
« Cela a assombri le cœur du ministre »
Le procureur a également placé cette affaire sur le terrain de l’intégrité de l’administration judiciaire.
Évoquant la réaction du ministre d’État chargé de la Justice, il a déclaré :
« Cela a assombri le cœur du ministre. Il était tellement meurtri qu’il a quitté les lieux. Et c’est son propre conseiller qui s’est livré à ce genre de comportement ! »
Pour le ministère public, la gravité des faits justifie une sanction à la hauteur de l’enjeu du concours, destiné à sélectionner les futurs magistrats.
« Ce Monsieur Sékou Keïta doit être extirpé des rangs du département de la Justice. Il ne peut pas continuer à y servir », a requis Elhadj Sidiki Camara.
Deux ans de prison ferme requis
Le parquet considère que les deux prévenus ont porté atteinte au processus de recrutement des futurs magistrats et violé les règles encadrant le concours.
Il a donc requis deux ans d’emprisonnement ferme et deux millions de francs guinéens d’amende contre Sékou Keïta, ainsi que la même peine contre Maciré Camara.
Le procureur s’est fondé sur les dispositions des articles 19 et 686 du Code pénal.
La défense conteste les accusations
Face à ces réquisitions, les avocats de Sékou Keïta et de Maciré Camara ont rejeté les accusations du ministère public.
La défense soutient qu’aucune preuve matérielle suffisamment probante ne permettrait d’établir la fraude et la complicité reprochées à leurs clients. Elle entend revenir sur les témoignages et les éléments présentés au cours des audiences afin de contester l’interprétation faite par l’accusation.
Après les plaidoiries de la défense, le tribunal devra délibérer sur les différents éléments du dossier.
Laguinee.info





