En Guinée, la vente de médicaments par des personnes qui ne sont pas des professionnels de santé reste une réalité dans plusieurs marchés et lieux publics. Bien que cette pratique soit interdite par les autorités, elle continue d’exister et attire de nombreux consommateurs. Pour certains citoyens, ces vendeurs représentent une solution rapide et moins coûteuse pour se procurer des médicaments.

Derrière ce commerce se trouve une réalité difficile à ignorer : beaucoup de personnes rencontrent des difficultés pour acheter leurs médicaments en pharmacie. Le prix élevé de certains produits pousse alors une partie de la population à se tourner vers des vendeurs installés en dehors du circuit officiel.
Un vendeur rencontré affirme exercer cette activité depuis trois ans. Selon lui, les clients viennent principalement parce que les médicaments proposés sont moins chers que ceux vendus en pharmacie. Il explique également qu’il s’approvisionne au marché de Madina, un grand centre de commerce de Conakry.
Pour ce vendeur, son activité répond à une demande des populations qui cherchent des produits accessibles. Il reconnaît toutefois que cette pratique présente des risques. Son témoignage montre une réalité contradictoire : certains vendeurs connaissent les dangers liés à la vente de médicaments, mais continuent cette activité en raison des besoins des consommateurs et des difficultés économiques.
Du côté des clients, le facteur prix reste également déterminant. Un consommateur rencontré explique acheter des médicaments auprès de ces vendeurs parce qu’ils sont moins chers et disponibles rapidement. Mais il reconnaît aussi avoir déjà rencontré des problèmes après avoir utilisé un médicament acheté dans ce circuit.
Selon son témoignage, le traitement n’a pas amélioré son état de santé, ce qui l’a finalement obligé à consulter dans une structure sanitaire. Cette expérience montre que le choix d’un médicament uniquement en fonction du prix peut parfois avoir des conséquences plus importantes.
Au-delà du coût, cette pratique soulève des questions sur la qualité des médicaments vendus, leur origine et leurs conditions de conservation. En effet, contrairement aux pharmacies, ces points de vente ne permettent pas toujours aux consommateurs de bénéficier des conseils d’un professionnel de santé.
L’achat de médicaments sans accompagnement médical peut également entraîner des erreurs de traitement, une mauvaise utilisation ou une aggravation de certaines maladies. Le patient peut penser réaliser une économie, mais se retrouver finalement avec des dépenses supplémentaires pour se soigner.
Cependant, ce phénomène ne peut pas être expliqué uniquement par le non-respect de la loi. Il révèle aussi les difficultés d’accès aux soins pour une partie de la population. Tant que certains citoyens auront des difficultés à acheter leurs médicaments dans les pharmacies, les vendeurs non professionnels continueront probablement à trouver des clients.
Face à cette situation, la lutte contre cette pratique nécessite plusieurs actions. Les autorités doivent renforcer les contrôles pour faire respecter la réglementation, mais aussi faciliter l’accès aux médicaments essentiels et sensibiliser davantage les populations sur les risques liés à l’achat de médicaments hors des pharmacies.
La vente de médicaments par des non-professionnels reste donc un défi majeur en Guinée. Elle pose à la fois des questions de santé publique, d’accès aux soins et de conditions de vie des populations.
Salématou Keïta, Stagiaire, pour Laguinee.info





