À Km 36, dans la commune urbaine de Sanoyah, les chauffeurs de taxi poursuivent leurs activités dans une gare de fortune depuis leur déguerpissement. Entre manque d’espace, longues attentes et difficultés de circulation, ils tentent de transporter leurs passagers tout en espérant retrouver un véritable point de départ.

Les moteurs tournent au ralenti. Les klaxons retentissent. Des apprentis de taxi interpellent les voyageurs à haute voix. À Km36, la gare de fortune s’anime dès les premières heures de la journée.
« Kassogna ! Kassogna ! », lance un chauffeur. Quelques mètres plus loin, un autre appelle les passagers en direction de Coyah. Les voyageurs arrivent avec leurs sacs et leurs valises, tandis que d’autres descendent des taxis avant de poursuivre leur chemin. Au milieu de cette agitation, chacun cherche à rejoindre sa destination.
Les apprentis ouvrent les portières, chargent les bagages et invitent rapidement les passagers à prendre place. Dès qu’un véhicule est rempli, il quitte les lieux. D’autres chauffeurs restent stationnés, le regard tourné vers la route, dans l’attente de nouveaux clients.
Dans cet espace devenu trop étroit, taxis, motos, vendeurs ambulants, piétons et voyageurs se croisent en permanence. Les véhicules s’arrêtent quelques instants pour embarquer leurs passagers avant de repartir aussitôt. L’absence d’une véritable gare oblige les conducteurs à s’organiser comme ils peuvent.
Depuis leur déguerpissement, plusieurs chauffeurs affirment travailler dans des conditions plus difficiles. Faute d’un espace aménagé, ils embarquent leurs clients au bord de la route.

Facely Sanoh, chauffeur de taxi rencontré sur place, explique que cette situation complique leur activité.
« Depuis qu’ils nous ont déguerpis, nous n’avons plus de gare. C’est ici que nous gagnons de quoi manger », explique-t-il.
Selon lui, le manque d’espace entraîne également des difficultés avec les forces de l’ordre.
« Nous souffrons énormément avec nos clients et avec les policiers. Nous n’avons même pas un endroit où garer nos voitures. Parfois, nous sommes obligés de rester à la maison ou de travailler un jour sur deux », poursuit-il.
Le chauffeur évoque également le coût du permis de conduire, qu’il juge difficile à supporter.
« Nous n’avons pas les moyens de payer le permis. Sans ce document, nous ne pouvons pas circuler sur les grands axes parce que la police nous traque. Nous demandons aux autorités de revoir le prix du permis, sinon beaucoup de chauffeurs ne pourront plus nourrir leurs familles », lance-t-il.

Pendant que certains taxis quittent progressivement la gare avec leurs derniers passagers, d’autres restent immobilisés en attendant une nouvelle course. Les chauffeurs suivent du regard chaque voyageur qui arrive, espérant remplir rapidement leur véhicule avant le prochain départ.
À Km 36, les appels des rabatteurs, le bruit des moteurs et le va-et-vient des voyageurs rythment la journée. Derrière cette animation permanente, les chauffeurs continuent d’exercer leur métier dans une gare de fortune, avec l’espoir de retrouver un jour un espace mieux aménagé pour travailler dans de meilleures conditions.
Naby Moussa Camara et Mamadou Oury Diallo, Stagiaires, pour Laguinee.info.





