Au marché de Coyah, commerçants, fournisseurs et consommateurs ne partagent pas le même constat sur l’évolution des prix des denrées alimentaires pendant cette période d’hivernage. Si certains vendeurs évoquent une baisse sur plusieurs produits, d’autres dénoncent des coûts d’approvisionnement toujours élevés. Entre ces différentes réalités, les ménages tentent de préserver leur pouvoir d’achat.

Après une matinée marquée par la pluie, le marché de Coyah reprend progressivement son animation habituelle. Entre les étals de riz, de sel, d’oignons et de condiments, les commerçants accueillent les clients qui circulent entre les flaques d’eau laissées par les précipitations.
Dans les allées du marché, un sujet revient dans les conversations : l’évolution des prix des denrées alimentaires. Mais selon les acteurs rencontrés, la situation n’est pas perçue de la même manière.

Derrière son étal, Aïcha Camara, commerçante détaillante, estime que certains prix ont connu une légère amélioration ces derniers mois.
« Mon fournisseur a baissé le prix de plusieurs produits. Moi aussi, j’ai diminué les prix pour mes clientes », affirme-t-elle.
Selon elle, cette évolution concerne notamment certains produits qu’elle vend quotidiennement. Elle explique que cette baisse permet à quelques clients de faire leurs achats avec moins de difficultés qu’auparavant.

À quelques mètres de là, Abdouramane Bah, grossiste et fournisseur de plusieurs détaillants, présente une autre réalité. Dans son magasin où sont entreposés plusieurs sacs de marchandises, il explique que les coûts restent élevés.
« J’achète toujours mes marchandises très cher et je ne vois presque aucun changement », déclare-t-il.
Pour ce fournisseur, les difficultés ne viennent pas uniquement des prix de vente, mais aussi des conditions d’approvisionnement.
« Les clients se plaignent des prix, mais ils ignorent que le problème vient de notre approvisionnement », ajoute-t-il.

Il estime également que la saison des pluies complique davantage les activités commerciales, notamment avec les difficultés liées au déplacement des marchandises et à la fréquentation du marché.
Du côté des consommateurs, le constat semble plus nuancé. Venue faire ses achats, Aminata Bangoura affirme avoir remarqué une évolution sur certains produits.
« Avant, le marché était beaucoup plus cher. Aujourd’hui, le prix de certains condiments a baissé et le riz est resté stable », explique-t-elle.
Cette cliente reconnaît toutefois que tous les produits n’ont pas connu la même évolution. Pour elle, chaque variation de prix a un impact direct sur le budget quotidien des familles.

Au marché de Coyah, les témoignages recueillis montrent donc des réalités différentes selon la place occupée dans la chaîne commerciale. Les détaillants parlent d’une baisse sur certains produits, les grossistes évoquent des charges toujours importantes, tandis que les consommateurs constatent une amélioration partielle.
Sous un ciel encore couvert par les nuages de l’hivernage, les clients continuent de comparer les prix avant de faire leurs achats. Entre les coûts d’approvisionnement, les variations des tarifs et les contraintes liées aux pluies, commerçants et ménages espèrent une plus grande stabilité du marché dans les prochaines semaines.
Sékouba Léno, Stagiaire, pour Laguinee.info





