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Guinée : dix mois après la disparition de son père, Babila Keïta interpelle les autorités

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Dix mois après la disparition d’Elhadj Adama Keïta, son fils Mamoudou Babila Keïta, journaliste d’investigation en exil, interpelle les autorités guinéennes et réclame des informations sur le sort de son père. Dans une lettre rendue publique ce mercredi 29 juillet 2026, il appelle à « la lumière » sur cette affaire et demande le retour de son père auprès de sa famille.

Âgé de 76 ans, Elhadj Adama Keïta est porté disparu depuis le 29 septembre 2025, après son enlèvement présumé à N’Zérékoré, dans le sud de la Guinée. Selon son fils, dix mois après les faits, sa famille reste sans nouvelles de lui.

Dans sa déclaration, Mamoudou Babila Keïta affirme s’adresser directement aux autorités guinéennes et à toute personne susceptible de détenir des informations sur cette disparition.

« Je ne vous écris ni par haine, ni par esprit de vengeance, mais par devoir de fils », écrit-il, tout en évoquant la souffrance de ses proches dans plusieurs localités, notamment N’Zérékoré, Kankan, Conakry, Kouroussa et Babila.

Le journaliste décrit son père comme un homme âgé, sans activité politique ni militaire, qui aurait consacré sa vie à sa famille et à sa communauté. Il affirme que sa disparition serait liée à son propre travail journalistique.

« Je suis journaliste. J’ai enquêté sur la gouvernance de notre pays, dénoncé des dérives et des violations des droits humains. Si l’État estime que j’ai violé la loi, il existe des tribunaux, des magistrats, des procédures », soutient-il.

Dans sa lettre, Babila Keïta appelle les autorités à privilégier les voies judiciaires et dénonce ce qu’il considère comme une utilisation de son père comme moyen de pression.

Il invite également les responsables publics à mesurer l’impact humain de cette situation, en évoquant les souffrances d’une famille privée de nouvelles d’un proche âgé.

Le journaliste rappelle que les autorités actuelles sont arrivées au pouvoir avec des engagements autour de la justice, de l’État de droit et de la cohésion sociale. Il estime que ces principes doivent se traduire dans les actes.

« Je ne demande aucun privilège. Je demande qu’un vieil homme sans offense et sans défense retrouve sa liberté, qu’un père retrouve sa famille », écrit-il.

Mamoudou Babila Keïta assure qu’il poursuivra ses démarches afin que la lumière soit faite sur la disparition de son père.

« Je n’abandonnerai jamais. Aussi longtemps que Dieu me prêtera le souffle de vie et la santé, je poursuivrai, par les voies du droit et de la vérité, toutes les démarches nécessaires », conclut-il.

Laguinee.info

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