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Marché de Kouria : le repos biologique fait flamber les prix du poisson

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Ce mardi 28 juillet 2026, au marché de Kouria, les bassines de poisson sont moins garnies qu’à l’accoutumée. Devant les étals, les clientes négocient, hésitent, puis repartent parfois les mains vides. Depuis l’entrée en vigueur du repos biologique de trois mois instauré par les autorités pour préserver les ressources halieutiques, l’approvisionnement s’est réduit, entraînant une hausse des prix qui pèse aussi bien sur les vendeuses que sur les ménages.

Des clientes consultent les prix du poisson sur un étal du marché de Kouria, où la baisse de l’approvisionnement entraîne une hausse des tarifs. 28 juillet 2026 – Marché de Kouria (Coyah). © : Ramatoulaye Yacine Baldé, stagiaire / Laguinee.info

Il est un peu plus de 9 heures. Le marché de Kouria est déjà animé. Les vendeuses interpellent les passants tandis que les clientes s’arrêtent devant les bassines de poisson. Les regards se portent d’abord sur la marchandise, puis sur les prix. Beaucoup demandent le tarif, échangent quelques mots avec les commerçantes avant de poursuivre leur chemin, parfois sans rien acheter.

Assise derrière son étal, Bintou, vendeuse de poisson depuis plusieurs années, explique que cette hausse des prix ne dépend pas de sa volonté. Selon elle, les difficultés d’approvisionnement se sont accentuées depuis le lancement du repos biologique.

« Avant, j’achetais le poisson à un prix moins élevé et je le revendais aussi moins cher. Aujourd’hui, le poisson est difficile à trouver. Je suis obligée de l’acheter plus cher et je ne peux donc pas le revendre à un prix abordable. Pourtant, je ne peux pas arrêter cette activité, c’est ce qui me permet de faire vivre ma famille », confie-t-elle.

Des plateaux de poisson exposés à la vente au marché de Kouria, où les commerçantes font face à des difficultés d’approvisionnement depuis le début du repos biologique.
28 juillet 2026 – Marché de Kouria (Coyah). © Copyright : Ramatoulaye Yacine Baldé, stagiaire / Laguinee.info

Le repos biologique, instauré par les autorités pour permettre la reconstitution des ressources halieutiques, limite temporairement certaines activités de pêche. Sur le marché de Kouria, cette diminution de l’offre se répercute directement sur les prix, au grand désarroi des consommateurs.

Parmi eux, Fatoumata Bereté constate que le poisson, autrefois accessible, devient progressivement un produit difficile à acheter.

« Avant, je pouvais acheter du poisson bonga à 5 000 francs guinéens. Aujourd’hui, je ne peux plus me le permettre. Cela pèse énormément sur mon budget, mais je n’ai pas vraiment le choix », regrette-t-elle.

Face à cette situation, certains ménages modifient leurs habitudes alimentaires. C’est le cas de Mabinty Sylla, qui dit s’être tournée vers d’autres produits.

« J’ai décidé d’acheter du poulet importé. Les prix sont presque les mêmes. On peut trouver un poulet à 35 000 francs guinéens ou des pilons à 25 000 francs. Cela nous permet de remplacer le poisson en attendant que la situation s’améliore », explique-t-elle.

Au fil de la matinée, les clientes continuent de parcourir les étals dans l’espoir de trouver du poisson à un prix plus abordable. Les vendeuses, elles, attendent les prochains arrivages tout en espérant une amélioration de l’approvisionnement après la fin du repos biologique. En attendant, cette mesure de préservation des ressources halieutiques se traduit, pour de nombreuses familles de Kouria, par un budget alimentaire plus difficile à équilibrer et des habitudes de consommation qu’il faut désormais adapter.

Ramatoulaye Yacine Baldé, stagiaire, pour Laguinee.info 

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